Le morcellement d’un réseau de haute valeur écologique.

Extrait de La Lettre aux Habitants n°77, septembre 2013

Les espaces verts issus de la non-construction autoroutière constituent un réseau écologique remarquable qui s’étend entre Forest (Bempt) et Rhode St Genèse. Une succession continue d’habitats semi-sauvages et diversifiés (boisements spontanés, forêts alluviales, zones lisières, bocages, champs, etc.) offre un cadre riche pour un épanouissement de la biodiversité. C’est d’ailleurs à ce titre que des terrains, issus du « non-ring », ont été choisis à Uccle par l’autorité régionale comme Zones Spéciales de Conservation (ZSC – site 2) de la Région Bruxelloise au même titre que l’ensemble composé par la Forêt de Soignes et la vallée de la Woluwe (site 1) et la zone boisée et humide de la vallée du Molenbeek (site 3).

Toutefois, suite à la pression de quelques propriétaires influents, certaines portions de terrains, par-fois même à haute valeur biologique, ont été curieusement exclues de cet ensemble riche en biodiversité et ont été déraisonnablement définies comme constructibles au PRAS : on pense notamment au plateau Engeland (propriétaire : ING) aux terrains de l’Institut Pasteur (Etat Belge) ou encore aux champs situés le long du haut de l’avenue Dolez (S.A. Les Courses).

L’IBGE [1] semble le regretter dans son Rapport sur l’Etat de l’Environnement Bruxellois (2006) : Avec le PRAS de 2001 « il faut remarquer l’apparition des « zones vertes de haute valeur biologique » (dits « sites B ») destinées à la conservation et à la régénération du milieu naturel de haute valeur biologique. Certains sites très importants pour la conservation de la nature n’ont pas bénéficié de cette protection essentielle. C’est en particulier le cas pour le site semi-naturel du plateau de la Foresterie (Watermael-Boitsfort) qui est repris au PRAS comme réserve foncière ainsi que d’une partie du plateau Engeland (Uccle). »

Cette situation est vraiment regrettable quand on sait que la dégradation et la fragmentation des habitats naturels sont l’une des principales raisons de la régression et de la disparition des espèces.

Comme le souligne l’IBGE et une équipe de recherche de la VUB [2] dans le cadre du programme “Prospective Research for Brussels financé par l’IRSIB (Institut d’encouragement de la recherche scientifique et de l’innovation de Bruxelles)., malgré la protection des sites et des espèces, cette fragmentation pourrait avoir des conséquences génétiques et démographiques négatives sur la survie à long terme des populations. De ce fait, le maintien ou la restauration de la connectivité entre des « mailles » d’habitat en favorisant la migration des espèces (via le pollen ou les graines) peut s’avérer indispensable pour assurer la préservation de la biodiversité en milieu urbain.



Ci-dessus : vue aérienne du gigantesque site de l’ancien Institut Pasteur, aujourd’hui occupé par les services du Ministère de la Santé Publique et situé le long de la rue Engeland. Le PRAS le considère malheureusement comme une zone constructible.


1er septembre 2013