LES CLUBS DE SPORT ET LEURS VOISINS : A LA RECHERCHE D’UNE COEXISTANCE EQUILIBREE

L’ACQU a pris l’initiative de procéder à une « enquête de (in)satisfaction » auprès de riverains de clubs de sports de plein air. Pourquoi ? Parce qu’au printemps 2020 elle a été mise au courant de protestations soulevées par des voisins de 3 clubs. Et, plutôt que de traiter le problème en durcissant le ton, en cherchant à « régler des comptes », il a paru préférable de rechercher un modus vivendi en en discutant calmement, en entendant et surtout en écoutant le point de vue des uns et des autres, c’est-à-dire des directions des clubs et de leurs riverains. Nous sommes convaincus que c’est même la seule manière de voir ce qui pourrait améliorer les rapports.
Comment avons-nous procédé ?
Une lettre explicative a été remise aux 3 clubs et distribuée dans 300 boîtes aux lettres (une bonne centaine pour les riverains du Centre sportif André DERRIDER, proche du Roseau, propriété de la Commune qui le donne en location au FC Moreda (football et accessoirement tir à l’arc et dressage de chiens) ; une petite centaine aux voisins du SMASH ACADEMY installé dans le terrain appartenant à AREA+, extension de la Clinique du Fond’ Roy, entre la chaussée de St Job et le Dieweg (essentiellement football, outre rugby - tennis) ; et une petite centaine autour du RACING, club privé situé entre le Vivier d’Oie et le Fort Jaco (hockey – tennis – padel).
Les protestations ne venaient que de ces 3 clubs, mais certains riverains du Centre Deridder ont également émis des critiques concernant le centre sportif voisin « Le Roseau » où se pratique essentiellement le tennis ; comme nous n’avions pas approché la direction du ROSEAU, nous nous en sommes tenus aux réponses concernant les 3 clubs visés.
Bref, si c’était à refaire, l’enquête pourrait viser tous les clubs ucclois !

Voici cette lettre :
« Bonjour,
Vous habitez près d’un TERRAIN DE SPORT EN PLEIN AIR , à Uccle, qui semble vous avoir causé du souci, ou bien vous êtes gestionnaire d’un tel club de sports : nous avons besoin de votre avis !
Nous organisons une enquête dans le but de d’améliorer les rapports mutuels entre les clubs et leurs riverains.
Leur cohabitation n’est pas toujours aisée, surtout là où sont pratiqués le football et le hockey : un club draine de nombreux joueurs ainsi que des supporters, ce qui peut provoquer des nuisances ; quant aux riverains, ils souhaitent jouir de leur environnement, surtout le week end.
Pourtant les clubs sportifs ont un rôle social à jouer ; ils sont indispensables, surtout en ville.
L’objectif de cette enquête est de voir comment un juste équilibre pourrait être trouvé, sachant que chaque situation est particulière et justifie donc un examen spécifique. Tout ceci maintenant que les conditions sanitaires permettent la reprise des sports comme (quasi) auparavant.
Pour qu’une telle enquête soit constructive, il est nécessaire que chaque club prenne le temps d’y répondre et qu’un maximum de riverains s’expriment, ... »

(On omet la suite sans intérêt ici)

UN REGRET
Nous avons reçu 87 réponses (28 pour le Racing, 46 pour le Deridder et 13 pour le Dieweg), et parmi eux plusieurs membres d’un des clubs, donc des joueurs.
Par contre les clubs n’ont pas totalement « joué le jeu ». Pourtant les contacts avec les dirigeants des 3 clubs avaient été excellents, un rien méfiants au début puis, quand ils ont compris le sens de la démarche de l’ACQU, ils ont été plutôt rassurés d’avoir un interlocuteur entre leurs voisins et eux. Mais ils se sont quand même montrés frileux pour répondre au questionnaire. Seuls le Racing et le Centre Deridder ont répondu … mais pas aux questions importantes … Dommage … !

Cette déception mise de côté, que ressort-il très globalement des réponses des riverains ?
1) Unanimement que le sport de plein air est le bienvenu…à condition de respecter le voisinage !
C’est évident …mais ne résout rien !
2) Que ce sont ceux qui habitent tout près qui expriment le plus de doléances.
Ici aussi, une enquête ne serait pas nécessaire pour le comprendre !
3) Qu’il y a parfois, pour une même nuisance, des avis divergents de riverains se trouvant dans une situation similaire. Par exemple, certains semblent sourds au bruit alors que ce même bruit est intolérable pour d’autres. Même chose pour l’éclairage. Comme quoi beaucoup est subjectif et chacun a raison !
4) A l’examen des réponses, il n’est pas exclu de penser qu’il y a parfois une telle exaspération qu’elle se traduit par un peu d’exagération. Ici encore, on n’a pas à en juger ; c’est un ressenti !
5) Presque tous les répondants affirment avoir signalé leurs griefs, verbalement et parfois par écrit, à leur club voisin, mais en vain, sans avoir l’impression d’avoir été compris ni même entendus. Nous savons pourtant que la Commune a organisé des réunions que l’on peut qualifier « de conciliation » pour le Deridder qui lui appartient.

Que retenir des réponses obtenues des directions des clubs ?
On ne peut le faire qu’avec les réponses incomplètes reçues du Racing et du Centre Deridder, ainsi qu’avec quelques explications données verbalement :
1) Un argument avancé par les clubs est qu’ils existent depuis très longtemps et sont donc antérieurs à une majorité des habitations.
 Le Racing précise qu’il est présent depuis l’aube du 20ème siècle, même si sa configuration a changé avec les années.
 Le Centre Deridder écrit que le club existe dans sa configuration actuelle depuis 2005.
 Quant au Dieweg, il y avait là autrefois le complexe sportif de La Générale.
Commentaires de l’ACQU : Tout ceci est vrai MAIS ce qui a énormément changé c’est leur fréquentation et leur développement ; il n’y a pas de comparaison entre ce qui existait il y a 20 ou 30 ans et aujourd’hui. L’argument de l’ancienneté a dès lors un poids très relatif. C’est tout spécialement vrai pour le Centre Deridder.
Ce qui a mis le feu aux poudres, c’est le recours au revêtement synthétique des terrains de hockey et de football. Ce revêtement permet de jouer beaucoup plus que naguère puisqu’il ne s’agit plus d’un gazon naturel ; même s’il pleut fort, on peut maintenant jouer du matin jusqu’au soir sans craindre la boue.
La forte augmentation du nombre de joueurs ainsi que le recours à un revêtement synthétique sont deux facteurs dont on devrait se réjouir car « le sport c’est la santé », spécialement pour les jeunes, mais en étant bien conscient que certains jours (surtout le w.e.) les nuisances ont fort augmenté en intensité et en durée, à tel point que les riverains ne se réjouissent plus…
2) Plus spécifiquement, les clubs ajoutent :
(a) Pour le bruit, le directeur du Centre Deridder reconnaît que le football engendre, surtout le w.e., des nuisances qui excèdent ce qu’il considère comme limites acceptables d’un bon voisinage, mais sans entrer dans des précisions.
Pour le directeur du Racing, il n’y a pas de nuisances excessives venant des membres mais bien des supporters, après le jeu, spécialement lors des compétitions qui ont lieu le w.e., et le club fait tout pour les calmer. (Toutefois, dans sa newsletter aux membres du 20 octobre dernier, sa direction dénonce des débordements inqualifiables qui sont le fait de plusieurs équipes ; elle ajoute que si une certaine « fête » fait partie du sport, les excès d’alcool et un manque de respect ne sont pas acceptables.)
Ce club fait aussi l’effort de distribuer un toutes boîtes quand il pressent qu’un événement (compétition importante, soirée festive…) risque de provoquer des nuisances. C’est effectivement une excellente initiative car quand on est informé à l’avance d’une nuisance, on l’accepte mieux.
Le Racing donne le nom du directeur auquel les voisins peuvent s’adresser pour gérer une plainte. Il ne s’agit pas d’un ombudsman car ce dernier serait chargé de défendre les intérêts des riverains alors qu’en l’espèce ce responsable est un membre de la direction et donc pas quelqu’un de neutre ; mais c’est déjà mieux que rien.
(b) Pour l’éclairage, le Racing estime qu’il est réalisé avec le souci de ne pas déranger le voisinage. Il ajoute que le système d’extinction automatique est programmé sur 22h.10.
Le Centre Deridder estime que l’éclairage n’est pas de nature à gêner les voisins et est éteint à 21h.30.
(c) Le Racing considère que les horaires de jeu sont respectés.
Le directeur du Deridder répond dans le sens contraire.
(d) Quant aux voitures, le Racing écrit n’avoir aucune responsabilité, ni de leur nombre ni du sans-gêne des automobilistes qui se garent n’importe comment.
Le problème au Deridder sera abordé plus loin.
Au Squash Academy, le parking ne semble pas causer un problème.

21 mars 2024