LE KAUWBERG AU CŒUR DES DÉBATS DE SOCIÉTÉ

La sauvegarde du Kauwberg est un combat qui date de la fin de l’année 1986, à une époque où la parution de la Lettre aux habitants n’était pas encore trimestrielle. De son côté, le « Kauwberg Info », la revue trimestrielle de SOS Kauwberg, a 13 numéros d’avance sur le centième numéro de la Lettre aux habitants, puisque notre revue de l’été porte le n°113.

La lutte pour la sauvegarde du Kauwberg s’est inscrite dans le prolongement des actions d’opposition au projet de Ring Sud par l’ACQU dont le Livre Blanc a été un élément clé. Cette lutte pour la préservation d’un espace semi naturel nous a incités à nous préoccuper du patrimoine naturel ucclois et à le défendre dans son ensemble. Ainsi, lors de l’enquête publique relative au PRAS (Plan Régional d’Affectation du Sol) notre association a été l’une des rares réclamantes à demander que le plateau Engeland bénéficie de la protection en tant que Zone Verte à Haute valeur Biologique et lors de la deuxième enquête (PRAS II) à demander que l’entièreté du Broek (chemin des pêcheurs) soit une ZVHB. Et précisément, à propos d’Engeland, si notre association s’est mobilisée, malheureusement trop peu de riverains ont répondu à l’enquête, avec pour conséquence qu’une partie de la zone a été affectée à l’habitat. Fort de cette triste expérience, nous avons veillé à ce que de très nombreux Ucclois demandent la protection du Broek. Ce qui a porté ses fruits !

Moralité : les enquêtes publiques nécessitent à la fois une bonne vigilance du milieu associatif, soutenue par une mobilisation rapide et nombreuse de la société civile. Si chacun attend que son voisin se mobilise, on n’obtient pas de résultat. Quelques années plus tard, face aux lotissements, tout le monde crie à la défense des espaces verts, alors que pas grand monde n’a pris le temps d’agir individuellement ! A Engeland, il y près de vingt ans, tout comme pour Droh !me aujourd’hui, les enjeux économiques et politiques colossaux ont considérablement biaisé la participation citoyenne.

Les actions de SOS Kauwberg s’inscrivent aussi dans les grandes luttes écologiques : la perte de biodi
versité et le réchauffement climatique ne sont-ils pas intimement liés ? Ces deux phénomènes mettent la vie sur terre en danger. D’éminents scientifiques affirment qu’il s’agit de la sixième extinction des espèces dont les humains font partie. On ne peut dissocier le réchauffement climatique de la perte de biodiversité et de la disparition des espèces. Pas parce que la seconde est une conséquence de la première, mais parce que toutes deux sont causées par les excès de notre genre humain qui a longtemps cru que la nature était à sa disposition, et qu’elle se rétablirait spontanément après prélèvements… ; de là à imaginer que l’homme pouvait alors en disposer à sa guise, il n’y avait qu’un pas !

On sait maintenant que l’aventure humaine s’est fourvoyée avec cette approche bien commode et justificatrice de ses excès. Elle va aujourd’hui droit dans le mur et court à sa propre extinction. L’homme qui est au sommet de cet écosystème ne peut que tomber de très haut. Toutefois, laissons-nous imaginer, quoi qu’il advienne, que la résilience de la nature pourra toujours laisser place à de nouvelles formes de vie peut-être plus civilisées.

Est-ce inéluctable ?
Peut-être pas si le genre humain est capable de modifier son emprise sur le Vivant, modifie radicalement ses comportements pour ne plus vivre aveuglément aux dépens de la nature mais au contraire retrouve équilibre et harmonie avec elle. Notre société en crise doit aller au-delà de cette prise de conscience et aider la nature à se reconstruire et la protéger. Ce que SOS Kauwberg fait depuis 32 ans…

L’avenir du Kauwberg se réfléchit actuellement
Alors que depuis 2 ans (par jugement) le Kauwberg est devenu une propriété de la Région, ce n’est que ce printemps, après que les parties se soient accordées sur le prix de son rachat, que Bruxelles Environnement peut (enfin) prendre des renseignements pour en assurer la gestion. Espérons qu’elle se fasse avec l’objectif de préserver et restaurer les habitats protégés par Natura 2000 plutôt que d’en faire un parc récréatif.

Le bureau de SOS Kauwberg

15 janvier 2020