LE GROESELENBERG

OU EN EST-ON AVEC LE PPAS 3 ANS ET DEMI ANS APRES SON ADOPTION ?

Notre Comité de quartier a participé activement avec l’administration communale à l’élaboration du Plan Particulier d’Aménagement du Sol (PPAS) n° 64 Groeselenberg. Nous avons, entre autres, mis en avant notre vision de l’avenir du quartier dans un Livre Blanc édité en février 2008.

Nos principales préoccupations étaient les suivantes :
- Maintenir et garantir le caractère pérenne des espaces verts communautaires, notamment la zone verte plantée d’arbres au feuillage dense située à front de rue Groeselenberg mais aussi le maillage vert existant en intérieur d’îlot avec un verger et des prairies où paissent encore maintenant des moutons.
- Maintenir la diversité d’affectations, en particulier d’équipements collectifs de proximité tels qu’écoles, maison(s) de repos, crèche qui seront les garants du maintien d’une vie sociale riche dans notre quartier.
- Maintenir l’accès au site en préservant les voiries et chemins existants mais aussi mettre en place de nouvelles liaisons douces (actives) à l’usage exclusif des piétons et cyclistes.
- Limiter les gabarits et la densité des nouvelles constructions, non par rejet des nouveaux habitants mais au contraire dans le souci d’offrir un cadre de vie favorisant la convivialité et les rapports humains de qualité.
- Et bien sûr, par la même occasion, gérer l’impact résultant de l’augmentation du parc automobile en répartissant de la façon la plus harmonieuse possible le trafic automobile entre les différentes voiries.

Le 11 septembre 2014, le projet de PPAS ainsi que son plan d’expropriation s’y rapportant ont été adopté par le Conseil communal et le 1er octobre 2015 il a été approuvé par la Région.

Ce plan nous paraissait relativement équilibré mais seulement dans la mesure où les prescriptions qui en font partie intégrante soient mises en œuvre. Or, c’est ici que le bât blesse. En effet, voici quelques objectifs qui n’ont toujours pas été respectés :

- « De garantir un aménagement équilibré de l’îlot en termes d’implantation, d’affectation, de densité et de typologie ainsi qu’en termes de mise en valeur du paysage et du relief.
- D’assurer une bonne répartition des accès et une bonne accessibilité de tous les sites à reconvertir.
- Que se trouvent dans l’îlot différents équipements publics, dont une école secondaire, une école d’infirmières, une maison de repos, une crèche et le CERVA, un centre de recherche qui à terme quittera cet îlot.
- Que le PPAS vise une meilleure accessibilité de l’îlot par les moyens de transports actifs au moyen de nouvelles liaisons transversales,
- Qu’une bonne accessibilité pour le transport motorisé de tous les terrains (re)développables est prévue par voies résidentielles et qu’un plan d’expropriation à cet effet est prévu,
- Qu’il prévoit des prescriptions spécifiques en ce qui concerne la revalorisation et l’intégration des frontons classés de l’ancienne clinique,
- Que le plan veut conserver, valoriser et rendre accessible au public les qualités paysagères, le relief et les nombreux espaces verts,
- Qu’il conserve et rend accessible au public le verger existant dans l’îlot. Arrête :
Art 2. Est approuvé en raison de son utilité publique le plan d’expropriation de la Commune d’Uccle en complément du PPAS « Groeselenberg » et comprenant deux terrains situés à la rue Groeselenberg et à l’avenue des Statuaires (connus au cadastre Section D, parcelle n°42 H 2)
Art 3. Il est indispensable pour cause d’utilité publique de prendre immédiatement possession des terrains indiqués sur le plan d’expropriation et d’appliquer à ces expropriations la procédure d’extrême urgence prévue par la loi du 26 juillet 1962. »

Aujourd’hui, trois ans et demi plus tard, nous constatons que presque aucune des prescriptions n’a été prise en compte. Et pourtant, le 22 novembre 2017, nous avions procédé à une « interpellation citoyenne » devant le Conseil communal.

Nous attendons maintenant que nos nouvelles autorités communales prennent, dans les plus brefs délais, les mesures suivantes :

1°) Procéder aux expropriations prévues
Nous constatons aujourd’hui les effets pervers de ce manquement :
Du côté de l’avenue des Statuaires, il y a risque de voir à court terme disparaître la seule liaison transversale existante en mode de transport actif qui, par le côté de la maison de repos « L’Olivier », offre un débouché à proximité de l’actuel « Domaine de l’Observatoire. »
Cela rend également inopérant l’idée d’un délestage du trafic automobile généré par le nouvel immeuble (103 appartements). Au vu des récents aménagements - que nous apprécions par ailleurs - à l’arrière (sud, sud-ouest) de celui-ci, nous ne voyons déjà plus où cet accès pourrait être créé. Une réflexion avait été entamée à ce propos dans le but de réduire les grosses difficultés rencontrées (files) au débouché de la rue Groeselenberg dans l’avenue Houzeau. Le tourne-à-gauche est en effet très périlleux à l’heure de pointe du matin. Cette réflexion voulait aussi anticiper le lotissement futur du site du CERVA avec son lot supplémentaire de véhicules.
Ceci dit, cette idée de délestage routier vers l’avenue des Statuaires pourrait être abandonnée si une autre mesure, déjà évoquée avec notre administration communale, était instaurée : la mise en place d’une voirie à double sens entre l’avenue des Statuaires et l’ancien accès au site de la Clinique des 2 Alice. Ce double sens avait d’ailleurs été instauré avec succès pendant les travaux de transformation du bâtiment de la Clinique pour éviter que le charroi de camions emprunte l’autre tronçon de la rue Groeselenberg, la voirie étroite, à l’époque récemment rénovée, menant jusqu’à l’avenue Houzeau.

Du côté Groeselenberg, la non expropriation de la servitude existante dans le but d’en faire une voirie communale pose déjà de gros soucis. Le propriétaire du terrain des anciens parkings (zone constructible) a tout récemment mis en place une clôture tout le long de cette servitude. Se pose le problème d’une privatisation de l’ensemble de l’intérieur d’îlot dont nous ne voulons pas et de la priorité ou pas au débouché sur la rue Groeselenberg.

D’autre part, au bout de la dite servitude, le même propriétaire a installé une grille qui empêche d’ores et déjà tout accès à l’ancien verger, ce qui est en totale contradiction avec les prescriptions du PPAS. De plus, ce lieu est un véritable verrou pour la mise en place des autres voies actives à destination des piétons et vélos.

Nous attendons de nos autorités communales qu’elles procèdent aux expropriations prévues dans les plus brefs délais de façon à faire de la servitude existante une voirie communale pour garantir le maintien de la seule liaison active existante, de rendre possible la création d’autres liaisons actives ainsi que l’accès au verger.

2°) Prendre les mesures nécessaires pour garantir aux habitants du quartier la jouissance des derniers espaces verts à leur disposition
Pour garantir la préservation de la zone verte à l’entrée de l’ancien site historique des 2 Alice et son libre accès aux habitants , nous demandons à la Commune d’acquérir cette zone à front de rue Groeselenberg y compris une bande de terrain de 5 m. côté parking à l’aplomb de la couronne des arbres remarquables.
Un site de compostage de quartier devrait y voir le jour mais seulement à titre précaire. L’acquisition de cette parcelle permettrait de garantir un minimum d’espace à destination des habitants du quartier et de pérenniser le compost collectif. On pourrait même imaginer que les anciens frontons y trouvent place, sauf si une autre localisation a déjà été prévue.

Une autre piste. A flanc de coteau, entre la maison de repos « L’Olivier » et l’ancienne clinique, il y a une bande de terrain assez importante avec quelques vieux arbres fruitiers. D’après ce que nous savons, ce terrain aurait été mis à disposition de la maison de repos par les anciens propriétaires pour une extension éventuelle de la maison de repos. Si cela ne se faisait pas ou si cette extension se faisait du côté de l’ancienne école d’infirmières, ce terrain pourrait être un plus pour la vie du quartier. Pourrait y trouver place un site de potager collectif à l’initiative de la Commune ou de Bruxelles Environnement.

3°) Veiller au maintien de suffisamment d’équipements collectifs sur le site
L’école d’infirmières a déménagé depuis plusieurs années pour s’implanter à Louvain-La-Neuve et à notre connaissance, rien n’est prévu pour la remplacer.
La crèche installée sur le site a fermé ses portes en avril 2019 pour s’installer du côté des Cliniques de l’Europe. Rien ne semble prévu pour en installer une nouvelle. Il aurait bien été question d’un projet d’extension de la maison de repos « L’Olivier » avec crèche attenante de façon à favoriser les contacts intergénérationnels. Mais rien de concret et aucune garantie que cela se fera.

4°) Prendre les devants pour garantir la mise en place de nouvelles voies actives
Dans le passé, nos autorités communales avaient comme philosophie de mettre en place les nouvelles liaisons au gré des demandes de permis de lotir/construire/d’urbanisme. C’est tout à fait illusoire et les faits le prouvent. Il n’y a pas de demande de permis, et nous pensons qu’il n’y en aura probablement jamais pour les lieux susceptibles d’accueillir de telles liaisons, sauf peut-être lors de la reconversion du site du CERVA. Encore faudrait-t-il que le verrou en bout de servitude soit levé. Une de ces liaisons potentielles est celle qui partirait de l’avenue Circulaire en direction du centre de l’îlot. Nous pensons que le propriétaire n’a plus du tout l’intention de lotir et même si c’était le cas qui nous garantirait qu’une liaison active serait mise en place ?

Ces mesures sont indispensables pour le maintien d’un cadre de vie favorisant les rapports humains de qualité, pour la sauvegarde d’un espace respectueux de la nature, ainsi que pour la sauvegarde de notre patrimoine (Frontons classés).



15 janvier 2020