À UCCLE, LE SPORT NUIT IL GRAVEMENT À LA SANTÉ ?


C’est en tout cas la question qu’on peut se poser dans les endroits où l’expansion d’infrastructures sportives détériore la qualité de vie des riverains et pèse sur l’environnement. Un exemple parmi d’autres : le quartier du Kinsendael-Kriekenput dont les habitants, très remontés, n’ont jusqu’ici pas été entendus.

Développer un centre sportif dans un quartier résidentiel, situé dans une zone verte et en bordure d’une réserve naturelle régionale et Natura 2000, n’est concevable que si la plus grande attention est portée au maintien d’un équilibre cohérent entre ambitions des sportifs invités, quiétude légitime des habitants et respect de la faune et la flore protégées. Or, cet équilibre fragile, maintenu depuis plus de quarante ans, vole aujourd’hui en éclats. Et l’avis des premiers intéressés ?
À l’heure où les problèmes environnementaux, de mobilité et de congestion urbaine sont au centre des préoccupations, les responsables politiques devraient être particulièrement attentifs au contexte dans lequel ces projets s’insèrent. Prendre en compte la structure des quartiers et leur capacité d’accueil, en cohérence avec l’environnement et le bien-être de ceux qui y résident, cela semble une évidence.

Dans le cas du centre sportif Deridder, les édiles communaux ont suivi une autre logique. Pas de concertation sérieuse avec les riverains, pourtant les premiers concernés. Impuissants, ils ont été tenus à l’écart des différents projets de la Commune : abattage de 64 grands arbres jusqu’à présent (d’autres coupes importantes sont prévues), remplacement du gazon des deux terrains de foot par une couverture synthétique, depuis lors occupation quasi quotidienne en journée et soirée y compris les week-ends, accueil d’un plus grand nombre d’équipes (23 à présent), éclairage nocturne violent, parking sauvage, troisièmes mitemps arrosées, pollution, nuisances sonores et lumineuses…
N’en jetez plus ! Et surtout, ne perdons pas de vue que les habitants ne sont pas les seules victimes ; la faune et la flore de la réserve naturelle trinquent aussi.

L’impact de ce type de nuisances sur la santé et l’environnement est pourtant reconnu aux niveaux régional et européen et donne lieu à un ensemble de campagnes de sensibilisation, de directives et de politiques. Seraient-elles hors du champ de vision de nos édiles ?
Pour couronner le tout, un bâtiment de plus de 60 mètres de long (nouveaux vestiaires et tribunes) pourrait être construit prochainement, renforçant ainsi la mutation d’un club sportif à dimension humaine et locale en une « usine » à football.

Mais où vont-ils s’arrêter ?

Non loin de là, toujours dans le même périmètre, se situe Le Roseau. Ce club de sport vient d’obtenir le feu vert de la Commune pour construire 4 nouveaux terrains de paddle et en corollaire, l’abattage supplémentaire de 60 pins sylvestres de belle taille…

Il faut croire que nos représentants politiques ont choisi de développer le quartier en se souciant essentiellement du confort de ceux qui n’y habitent pas. On imagine sans peine qu’aucun de ces « visiteurs » ne souhaiterait subir en permanence les nuisances qu’il génère lui-même ponctuellement.
Face à l’inaction du conseil communal, les riverains se sont constitués en comité de quartier [1] pour tenter de ramener un peu d’équilibre et préserver ainsi une cohabitation la plus conviviale possible.

À ce jour et malgré une pétition réunissant près de 100 signatures, une interpellation citoyenne, plusieurs demandes de rencontres, aucun résultat tangible n’a été obtenu. Les responsables du comité se sont alors tournés vers les instances régionales et ont sollicité l’aide d’un avocat spécialisé afin d’envisager d’autres actions.

Osons espérer que les comités de quartier ne sont pas les seuls remparts face à la dégradation de notre environnement, que ce soit à Uccle ou ailleurs. S’il ne devait rester qu’eux, les discours et les engagements électoraux récents n’auraient été que fumée politicienne…

Le Comité de Quartier Kinsendael/Kriekenput

15 janvier 2020