A LA VEILLE DES ÉLECTIONS COMMUNALES

MOBILITE : LA MOBILITÉ À UCCLE, OÙ EN EST-ON ?

QUESTION 1 : TRAM 51

Le tram 51 est une ligne importante pour les Ucclois ; cependant, d’un bout à l’autre de son tracé ucclois, il reste englué dans la circulation automobile.

D’importants travaux de renouvellement des voies entre Calevoet et le Globe ont été réalisés, sans pour autant y appliquer des mesures permettant d’accroître la vitesse de circulation du tram 51. Les travaux de renouvellement des voies entre le Globe et la station Albert sont une occasion unique pour prévoir un aménagement qui donne la priorité à la circulation du tram 51, par exemple par la création d’un site propre entre le Globe et X De Bue, et l’aménagement d’un parking souterrain sous la place Vander Elst destiné à compenser les places de parking ainsi supprimées.

Quelles mesures proposez-vous, ou êtes-vous prêts à défendre pour améliorer la circulation du tram 51 sur son parcours ucclois ?

Thibaud Wyngard Ecolo signale que bien que la question de la vitesse du tram 51, englué dans la circulation automobile dans son parcours ucclois, était déjà d’actualité il y a 6 ans, rien n’a changé. Il est donc temps de trouver des solutions audacieuses.

D’autant plus que le commerce ne se porte pas bien à Uccle centre et principalement sur l’axe de la chaussée d’Alsemberg et que le déménagement des services communaux ne va certainement pas aider à résoudre le problème. La proposition de l’ACQU de supprimer des places de parking sur la chaussée d’Alsemberg entre la rue de Stalle et la rue Xavier de Bue et d’étudier la possibilité de construire un parking souterrain sous la place Vander Elst fait partie des solutions éventuelles. Reste à analyser la question du financement et de la gestion : communale ou privée.

Marc Cools Uccle en avant n’est pas favorable à la suppression totale des places de parking sur la chaussée d’Alsemberg entre le Globe et la rue Xavier de Bue. Il privilégie, en cas de nouvelles transformations de la chaussée, un élargissement des trottoirs plutôt que la réalisation d’un site propre pour le tram.

Il est par contre favorable à la création d’un parking sous la place Vander Elst qui pourrait compenser la récente suppression de quelques 40 places de parking sur la chaussée d’Alsemberg entre Calevoet et le Globe suite aux travaux actuels de remplacement des rails.

Il relève que la question du métro vers Uccle est fondamentale pour la mobilité et souligne qu’il faut que la Commune soit active dans ce dossier, en indiquant, entre autres et par exemple, quels sont les points de densité de population à Uccle qui devraient être desservis. Les propositions de l’ACQU pour le réaménagement des carrefours Dieweg/Saint Job et Saint Job/Engeland sont à prendre en compte.

Céline Fremault Cdh relève que la problématique du tram 51 doit être intégrée dans une vision globale de la mobilité à Uccle, en ayant pour principal objet la question de la qualité de vie. La question doit être analysée en tenant compte également et notamment des problématiques du métro, des logements vides de la chaussée d’Alsemberg et de la rue Xavier De Bue, de la question des commerces vides ou en difficulté, ...

La chaussée d’Alsemberg est une voirie très dense et plusieurs solutions peuvent être simultanément mises en place : des parties en site propre, le déplacement de certains arrêts, la modification des feux de signalisation. La réflexion doit s’inscrire dans une vision de « ville en transition » et la question du stationnement sur la chaussée doit être étudiée sur un tronçon allant au minimum du Globe à l’av. Coghen pour envisager des réelles solutions, même si les travaux peuvent être phasés.

Elle est favorable à la création d’un parking sous la place Vander Elst et annonce que la Région envisage cette possibilité.

Emmanuel De Bock Défi mentionne que la chaussée d’Alsemberg est une voirie qui souffre beaucoup. L’étude de sa problématique doit s’étendre jusqu’à Beersel.

Un nombre important de commerces et de logements de la chaussée sont vides, leur taille est souvent trop grande et ne correspond plus à la demande actuelle. Ils pourraient être divisés. Il faut trouver des solutions qui n’opposent pas les commerçants et les habitants. Il plaide pour une vision de mobilité plus globale. Pour éviter, par exemple, le report des véhicules entrant dans Uccle le matin vers les voiries adjacentes. Uccle ne doit, par ailleurs, pas rater l’opportunité de se connecter au métro, il est nécessaire de se mettre d’accord sur un tracé. Il est favorable à un parking sous la place Vander Elst.

Boris Dillies (MR) relève que la question de la circulation sur la chaussée d’Alsemberg (qui est une voirie régionale !) doit être envisagée de manière globale. Elle a besoin d’une réelle rénovation qui doit se faire en concertation avec la Région et le pouvoir communal. Des réunions de présentation de différents projets ont par ailleurs déjà eu lieu. Un élargissement des trottoirs et une rénovation de façade à façade est nécessaire pour qu’elle garde son attractivité commerciale.

Le problème de mobilité du tram 51 ne va être résolu ni par 350 m de site propre, ni par une mise en site propre complète sur toute la longueur de la chaussée. Cette solution aura pour effet de reporter les véhicules sur les voiries latérales. La mobilité actuelle doit être plurielle, selon ses choix et /ou ses possibilités : en voiture, en tram, en bus, en vélo, …. Un parking souterrain sous la place Vander Elst est une bonne solution, il existe d’ailleurs déjà un accord de la Région pour réaliser une étude de faisabilité.

Henri Lastenouse (PS) signale que la problématique du site propre du tram 51 ne dépend pas de la Commune. Une concertation entre les Communes permettrait entre autres de (re)localiser des commerces dans certains quartiers qui en sont dépourvus, de réduire les affluences et de diminuer les problèmes de mobilité.

Remarque : Si la création d’un parking sous la place Vander Elst fait l’unanimité, les avis sont variés en ce qui concerne un site propre pour le tram…

QUESTION 2 : CIRCULATION AUTOMOBILE / TRANSPORTS EN COMMUN

La circulation automobile à Uccle ne cesse de croître. Plusieurs mesures proposées pour en limiter les conséquences et améliorer la circulation des transports en commun n’ont pas été appliquées, ou de manière partielle :

  • La rue du Wagon, réservée à la circulation douce et aux transports en commun ne connaît pas de réalisation ;
  • Pas plus que la station SNCB RER au Lycée Français, dans un quartier qui pourtant connaît une importante extension urbanistique ;
  • La fermeture de la station Albert, dont les échéances et les modalités restent dans le flou, supprimera toute liaison directe entre Uccle et le centre-ville, alors qu’actuellement les lignes 3, 4 et 51 assurent ces liaisons de manière efficace ;
  • La chaussée de Waterloo connaît également un encombrement chronique, qui handicape les liaisons de et vers les quartiers sud d’Uccle.

Qu’avez-vous à proposer pour améliorer ces quatre problématiques spécifiques ou certaines d’entre elles ?

Henri Lastenouse (PS) relève qu’Uccle doit rattraper un retard de 40 ans en matière de mobilité et qu’un des défis de la prochaine majorité sera certainement de tester des opérations pilotes, par exemple concernant les véhicules électriques (2, 4 roues, Uber,…).

Boris Dillies (MR) mentionne que la réalisation de la halte RER Lycée Français pourra éventuellement être réévaluée dans un futur proche par la SNCB en fonction de l’augmentation du nombre d’habitants du lotissement du plateau Engeland. La question de la mobilité de la chaussée de Waterloo doit être étudiée dans sa globalité. La fermeture du Bois de la Cambre le week-end est, par exemple, un non-sens écologique qui provoque beaucoup de pollution, des files de voitures qui inondent Uccle et des commerçants qui perdent leurs clients. Le Bois de la Cambre devrait au minimum rester ouvert le samedi.

Emmanuel De Bock (Défi) souligne qu’il faut mettre en place des mesures empêchant les voitures d’entrer dans Bruxelles et favorisant les possibilités d’habiter près de son lieu de travail. Son parti est favorable au percement de la rue du Wagon. La halte RER « Lycée Français » pourrait éventuellement ne pas être desservie toute la journée mais par exemple le matin et le soir aux heures d’arrivées et sorties des élèves. Les gares doivent être équipées de parkings. (Le parking de la gare de Linkebeek n’est toujours pas aménagé ! ).

Il faut également avancer sur la réalisation du RER Vélo en permettant dès maintenant le passage le long des voies de chemins de fer (en cours de réalisation à Ixelles). Concernant la Chaussée de Waterloo, il n’y a pas d’alternative à l’usage de la voiture si aucun parking de dissuasion n’est construit. Le projet de transformation de la station Albert doit être revu car les lignes actuelles sont totalement saturées. La création du pré-métro entre le parvis Saint-Gilles et la Porte de Hal a été un gros chantier, mais depuis la mobilité y a bien gagné. Uccle a eu tort de s’opposer autrefois au Ring Sud, il faut maintenant rattraper le temps perdu en appuyant la construction du métro. Il est temps d’être visionnaire.

Céline Fremault (Cdh) estime que l’objectif prioritaire vers lequel il faut tendre est d’assurer une bonne qualité de vie aux habitants, en appuyant entre autres les démarches qui rétablissent du lien social. La stratégie doit être globale. Un nouveau plan de mobilité doit être réalisé car l’actuel date de 2006 et les aspirations environnementales des habitants ont changé. La marche doit retrouver une place importante.

La rue du Wagon se termine actuellement en cul-de-sac et à moins de 400 mètres de la gare de Calevoet ! Bruxelles Environnement est en train de rédiger une convention avec la SNCB afin de pouvoir utiliser les talus pour la mobilité douce. La Flandre s’oppose à la réalisation de la halte RER à hauteur du Lycée Français au motif qu’elle ralentirait la vitesse commerciale des trains pour les navetteurs flamands. Tant que la NVA sera au pouvoir, cet arrêt n’existera donc pas. En attendant que ce dossier se débloque, on pourrait prévoir des possibilités de mobilité douce en réalisant par exemple une voie verte entre les gares.

Concernant les modifications de la station Albert, le dossier pour l’octroi du permis d’urbanisme est enfin complet et il pourrait encore être donné en 2018. Elle signale qu’une nouvelle Ordonnance Chantiers, qui crée la fonction d’hyper-coordinateur, va voir le jour. La mobilité chaussée de Waterloo est une catastrophe et il n’y a aucune vision conjointe entre la Commune et la Région. De plus, le Bois de la Cambre devrait être géré par la Région et non par la Ville de Bruxelles afin d’assurer une vision et une gestion globale des espaces verts en Région bruxelloise.

Marc Cools (Uccle en avant) relève qu’il y a des contacts entre la STIB et la SNCB pour débloquer le dossier de la rue du Wagon. La SNCB essaye de récupérer des terrains qui ont été cédés à un promoteur privé. Cette rue doit être réservée uniquement aux bus, aux piétons et aux cyclistes. Il faut continuer à revendiquer l’importante halte RER « Lycée Français » qui peut être réalisée sans nuire à la vitesse commerciale des trains. Le dossier n’est pas nécessairement lié à la NVA. La Région demande par ailleurs la mise en place de 30 nouvelles gares en Région Bruxelloise. Concernant les travaux du métro à Albert, il faut trouver des solutions pour continuer de proposer une desserte rapide entre Uccle et le Centre-Ville. La question de la chaussée de Waterloo est préoccupante, il faut y mener une réflexion en matière de mobilité et d’esthétique. Dans ce cadre, il faut également prévoir le réaménagement de la chaussée de La Hulpe.

Thibaud Wyngard (Ecolo) souligne le souhait d’ECOLO pour qu’il y ait un consensus sur la régionalisation du Bois de la Cambre qui devrait être géré par Bruxelles Environnement. Le Plan Communal de Mobilité doit être revu d’urgence.

Ecolo appuie le percement de la rue du Wagon. Des sites propres (éventuellement partiels) pour les bus, près des carrefours par exemple, pourraient être aménagés sur certains tronçons de la chaussée de Waterloo.

Le métro ne va pas régler les problèmes de mobilité à Uccle car l’essentiel du territoire ne sera pas couvert. Dans ce cadre, la transformation de la station Albert est un drame annoncé. Le tram 92 poursuivra sa route mais pas vers l’hypercentre. Les usagers venant de St Job subiront deux ruptures de charge. Les trams 3 et 4 doivent continuer à rouler jusque dans la jonction Nord - Midi. Il faut donc revoir les positions et les choix liés au métro, sa construction amènera très certainement des problèmes techniques imprévus et des surcoûts importants. D’autant plus qu’Uccle dispose de haltes RER qui assurent une bonne mobilité vers le centre. Il y a lieu d’augmenter la fréquence des trains sur les rails existants. La question est économique.

Remarque (ACQU) : Tous les partis veulent le percement de la rue du Wagon ainsi que la création d’une halte RER à hauteur du Lycée Français. Mais sur les autres points … !

QUESTION 3 :

Pour améliorer la mobilité, faut-il comme certains le prétendent, mettre en place d’abord des solutions alternatives pour permettre une diminution de l’usage de la voiture, ou faut-il d’abord restreindre l’usage de la voiture pour pouvoir ensuite mettre en place des solutions alternatives ?

Marc Cools (Uccle en avant) propose de réfléchir à des alternatives innovantes. La voiture ne doit pas toujours être pénalisée en pensant qu’une fois supprimée tout ira mieux, il faut plutôt favoriser des nouvelles formes de mobilité comme par exemple l’usage de la voiture partagée. Un nouveau plan de mobilité doit être établi. Marc Cools regrette que lors de l’élaboration de l’actuel plan de mobilité communal, les représentants du Cabinet du Ministre de la Mobilité ne soient pas venus aux réunions d’accompagnement au motif qu’ils manquaient de temps pour aller dans les 19 communes. Trouver des solutions innovantes et fonctionnelles demande pourtant un travail conjoint de tous les acteurs.

La Région et la Commune se sont mises d’accord sur les Itinéraires Cyclables Régionaux ; cependant, aujourd’hui encore, la Région n’a pas délivré les permis. Il faut développer des pistes cyclables le long du RER.

Céline Fremault (Cdh) rappelle que 60 % des Bruxellois n’ont pas de voiture et que la mobilité à Bruxelles est en train de basculer vers de nouvelles formes issues de la « ville en transition ». Il faut développer des alternatives à la mobilité actuelle innovantes et variées. Elle ne se dit ni anti voiture, ni anti avion, mais relève que la voiture va perdre sa place actuelle pour des questions de qualité de vie, de qualité de l’air et de santé publique. Les voitures électriques ou au gaz vont sans doute remplacer une partie de la flotte actuelle. La mise en place de zones 30 généralisées va dans le sens d’une région moderne et différente.

Boris Dillies (MR) relève que la mobilité n’est plus un enjeu dogmatique et qu’il faut repenser la question des compétences institutionnelles en matière de mobilité car la complexité institutionnelle de Bruxelles paralyse la réflexion et l’action. Le MR est ouvert à l’idée qu’on réalise un nouveau plan de mobilité et soutient le principe de liberté dans l’utilisation des différents moyens de transport qu’il faut promouvoir.

La Commune a un rôle d’information auprès des habitants sur les moyens de transports alternatifs. La pratique du vélo électrique et du vélo électrique partagé doit être soutenue. Les bâtiments communaux vont permettre de recharger électriquement et gratuitement les vélos électrique des habitants.

Henri Lastenouse (PS) explique qu’une révolution aussi fondamentale en matière de mobilité ne peut pas être organisée sans une consultation populaire car il s’agit d’un changement fondamental des usages.

Toutes les formations politiques ont plus ou moins échoué. Il faut un consentement pour que les choses bougent. La vraie raison pour laquelle la mobilité reste problématique, c’est le manque de maturité des politiques, mais tout va changer avec les nouvelles demandes des citoyens.

Thibaud Wyngard (Ecolo) explique que son parti n’est pas anti automobile par principe. Il relève par contre que le système des voitures de société n’évolue pas et est scandaleux. Pour ECOLO, il convient d’agir conjointement pour diminuer le flux automobile et pour développer des solutions alternatives afin d’apaiser les quartiers, de redonner de la convivialité, de partager l’espace public.

Les zones 30 peuvent, par exemple, être mises en place sur tout le territoire communal sauf sur les axes structurants.

ECOLO remercie la Région pour la politique menée en faveur de la mobilité douce ; elle a financé à 80% les box vélos et le diagnostic bypad (= BicYcle Policy AuDit avec pour objectif l’évaluation de la politique cycliste). Il y a lieu de développer les transports en commun et l’usage du vélo. ECOLO regrette qu’il n’y ait pas d’évolution fulgurante des ICR à Uccle alors que la Commune en a la charge. ECOLO est de manière générale très insatisfait par rapport à la politique de mobilité menée par la Commune ces dernières années et n’entrera dans la majorité aux prochaines élections qu’avec un accord très ambitieux sur la mobilité.

Emmanuel De Bock (Défi) explique que DEFI n’a pas de modèle de mobilité particulièrement fermé. Il relève que la mobilité est une question de santé et qu’il faut veiller à diminuer l’usage de la voiture car même si on remplaçait les voitures actuelles par des voitures électriques, les problèmes de mobilité seraient toujours les mêmes ! DEFI est favorable à une taxation au KM. 

Un péage urbain doit être mis en place au moins pendant les périodes les plus chargées : le matin et le soir. Pour trouver des solutions, les trois régions doivent agir conjointement et il regrette que la Wallonie ne soit pas preneuse. Concernant le train : il y a beaucoup de gares à Uccle mais elles ne sont pas assez privilégiées. Il n’y en a pourtant pas assez et les trajets sont trop coûteux. Prendre le train à Linkebeek oblige, par exemple, à payer pour deux zones, alors que la liaison de Linkebeek à la gare du Midi prend 12 minutes, ce qui en fait un mode de transport incomparable.

DEFI salue le travail du Conseil Communal pour le RER vélo et l’élargissement des zones tarifaires. La tarification unique des transports en commun est une priorité. Quand on est uni, la Région nous écoute. Les sites propres d’aujourd’hui sont peut-être les « ramblas » de demain !

Remarque : Pour cette question de savoir qui est premier de l’œuf ou de la poule, c’est la bouteille à encre pour s’y retrouver. Si quelqu’un comprend, bravo !

21 décembre 2018