2.2. L’évolution territoriale uccloise 

Article paru dans la Lettre aux Habitants n°74, décembre 2012.
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« D’une manière générale, il
est mis en exergue que l’imperméabilisation galopante
des superficies liée à l’urbanisation a accru le risque
d’inondations urbaines
pluviales :
  • par le fait de l’augmenta
    tion de la quantité et de la
    rapidité des flux de ruissellement
    (aléa accru) dans les
    bassins versants sensibles,
  • aussi en raison de la
    suppression des zones inondables
    naturelles (points
    bas et axes d’écoulement
    naturels) et du développement
    de l’occupation urbaine
    dans les zones exposées
    (vulnérabilité accrue) »

    Source : M. DAUTREBANDE,
    Etude préparatoire au Plan
    pluie de la Région de Bruxelles
    Capitale (extrait), Faculté Universitaire
    de Gembloux, 2006.

Toutes les études l’indiquent :
différents aspects de l’aménagement
du territoire peuvent modifier
notre rapport à l’eau et
aux inondations. L’imperméabilisation des sols et l’urbanisation
des vallées en sont deux causes
principales avec pour corollaire
le bannissement des cours d’eau
et l’assèchement des zones humides.


2.2.1. L’EAU DISPARAIT DES VALLÉES.

L’eau était la première source
d’énergie dans nos régions jusqu’au
XIXe siècle. Le nombre de moulins
était en lien direct avec l’activité
économique et plusieurs hameaux
d’Uccle se sont initialement développés
autour de ces moulins. Le bon
fonctionnement d’un moulin exige
un volume d’eau nécessaire à la rota
tion de la roue à aubes, et une
grande régularité de débit tout au
long de l’année, en étant le moins
possible tributaire des fluctuations
du ruisseau l’alimentant.
Rien que dans la vallée du Geleytsbeek,
entre Saint-Job et Calevoet,
une dizaine d’étangs alimentaient
sept moulins à eau (Broeckmolen,
Coudenborremolen ou Slypmolen,
Moulin d’Ouderghem, Cortenboschmolen
ou moulin Granville,
moulin du Papenkasteel, moulin du
Kiensendael, moulin du Château
d’Or) .

Avec ses trois vallées, Uccle a possédé
jusqu’à quinze moulins. Aujourd’hui
les bâtiments liés à cinq de ces
moulins sont encore visibles : le
moulin Rose en contrebas de l’avenue
des Hospices, le Nieuwenbauwmolen
ou moulin Crockaert à la
rue de Linkebeek, le Molensteen rue
Zandbeek , le Clipmolen ou moulin
Blanc à la rue de Stalle près de la
chapelle, et le moulin de Neckersgat
rue Keyenbempt.


2.2.2. L’IMPERMÉABILISATION DU TERRITOIRE UCCLOIS.

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L’ULB-IGEAT a réalisé une étude rela
tive à l’évolution de l’imperméabilisa
tion de la Région bruxelloise à
partir d’anciennes études de 1955 à
1985 et de données satellitaires à
partir de 1986. Le changement de
méthodologie pour la deuxième partie de l’étude explique des évolutions chiffrées qui peuvent paraître
surprenantes entre 1985 et 1993
dans le tableau situé en page de
droite.

Les deux images ci-dessus montrent
cette évolution à Bruxelles, entre
1955 et 2006

Le territoire d’Uccle, dont la forêt
de Soignes couvre plus du cinquième
de son territoire (20,7 %),
est passé de 19 % de surfaces imperméables
en 1955, à 27 % en 1985, et
32 % en 2006 (ULB-IGEAT 2006). S’il
fallait y ajouter l’ensemble des nouvelles
constructions, des nouveaux
lotissements qui ont augmenté le
patrimoine immobilier ucclois, on
peut estimer que les 35 % ont été
dépassés. Cela représenterait 185 %
de la situation de 1955. Étant donné
que de grands chantiers et lotissements
sont annoncés dans un avenir
proche, (plateau Engeland, plaine du
Bourdon, plateau Avijl, clinique des
Deux Alice et l’ensemble de l’îlot qui
l’entoure, par exemple) ces chiffres
évolueront encore vers le haut avec
une augmentation conséquente du
ruissellement.

Si on établit ce même calcul en excluant
la forêt de Soignes, mais en
gardant les autres espaces verts,
parcs, bois, sites semi-naturels, etc.,
l’imperméabilisation des sols ucclois
se chiffre alors à 24 % en 1955 pour
atteindre 44 % en 2006 et près de
50 % avec les nouveaux projets !

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2.2.3. LES CAUSES DE L’AUGMENTATION DES IMPERMÉABILISATIONS.

La principale cause est la disparition
des friches, zones vertes seminaturelles,
qui ont été remplacées
par des lotissements et des construc
tions qui grignotent toujours
plus les intérieurs d’îlots.

Tous ces espaces soustraits à l’infiltra
tion naturelle représentent une
part importante de l’augmentation
de la minéralisation de la ville.
On aurait tort de croire que ce sont
uniquement les nouvelles construc-
tions qui sont à l’origine de l’extension
des sols imperméables.

Une autre cause est due à l’attitude
de l’homme urbain (homo urbanus)
et à son amour des espaces
« propres », « nets », « bien entretenus
 », sans « mauvaises herbes »,
qui a conduit notre contemporain à
minéraliser les moindres espaces.

Le pavé, le béton, le bitume ont ainsi
envahi l’espace urbain et les
plaines en terre battue ont été conver
ties en places dallées ou en parkings.

Des trottoirs en pavés ou dallés ont dû
être réalisés pour offrir aux piétons des
lieux propres et sûrs, loin des dangers
des automobiles, toujours plus nombreuses

De nombreuses voiries ont été élargies
pour permettre les croisements
des véhicules, leurs pavés centenaires
qui permettaient encore une
certaine infiltration de l’eau ont été
remplacés par du bitume ; c’est sans
doute mieux pour l’automobile, mais
pas pour le ruissellement qui a parfois
doublé suite à certains aménagements.

Fin des années septante, le nombre
de voitures augmentant toujours et
celles-ci ne trouvant plus de place
pour stationner en voirie, de nombreux
jardins en façade des maisons
ont été convertis en parking, ce qui
est contraire au règlement d’urbanisme
d’aujourd’hui. Les années septante
ont aussi vu l’explosion
des « grandes surfaces commerciales
 » et leurs grands parkings nécessaires
pour accueillir une nombreuse
clientèle, et, par conséquent
leurs importantes surfaces minéralisées.

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le Geleytsbeek en contrebas de la rue éponyme vers 1925.