Némo 33 en marge de la réglementation ?

Article paru dans La Lettre aux Habitants n°83, mars 2015

Le centre de plongée bien connu Némo33, situé aux confins de la commune d’Uccle à la limite de Drogenbos, est, peu de monde s’en doute, implanté en zone de sports et de loisir de plein air. La réglementation en la matière est très claire : Ces zones sont affectées aux jeux et aux activités sportives de plein air et comportent un cadre de plantations. [1]

En principe, ces zones ne sont même pas habilitées à accueillir des infrastructures sportives couvertes (piscines, hall multisports...). Rigoureusement, ces infrastructures devraient être construites parmi les « zones d’équipements d’intérêt collectif ou de service public ».

Ceci étant, le permis accordé à Némo33 date de 2000 alors que le PRAS n’a été adopté que l’année d’après, en 2001. Pourquoi dès lors avoir maintenu, lors de l’élaboration du PRAS, l’affectation du terrain de Némo33 en « sport et loisir de plein air » et non pas en « équipement » ? D’autant plus que très vite le permis accordé ne semblait plus satisfaire suffisamment le gestionnaire du site puisqu’il s’autorisa - sans la moindre permission - à étendre ses infrastructures (terrasse, restaurant, parkings) en vue d’attirer une plus large clientèle que les seuls plongeurs.

Et voici que maintenant, en 2015, outre la demande de régularisation de toutes les infractions urbanistiques commises, Nemo 33 sollicite l’autorisation d’exploiter en plus d’une nouvelles piscine de 40m de profondeur, une structure hôtelière de plus de 226 lits (!), 146 places de parkings et de construire deux grandes éoliennes.

Certes, la Commission de Concertation du 11 février 2015 à considéré le nombre, la superficie et le gabarit des interventions projetées comme étant démesurés. Bien sûr, elle à réclamé une réduction significative de l’ampleur du projet (en limitant par exemple le nombre de lits à maximum 60). Elle n’a néanmoins nullement remis en cause le programme projeté qui se profile pourtant de plus en plus vers une sorte de parc d’attractions commercial.

Force est de considérer que les équipements de Nemo33 ne constituent plus du tout l’accessoire nécessaire à l’exploitation d’un complexe sportif de plein air. Dans ce sens, l’avis favorable sous conditions remis par la Commission de Concertation est contradictoire à la position qu’elle a prise dans le dossier ASPRIA à Boitsfort. Ceci dit, vu l’importance des modifications réclamées, elle a ordonné une nouvelle enquête publique. Suspense donc !

Article de tête : La déréglementation du Plan Régional d’Affectation du Sol

1er mars 2015