LA VILLA PUY FLEURY ENFIN PROTÉGÉE ?

Nos lecteurs savent que depuis des années nous œuvrons – et dans le cas présent surtout le Comité Longchamp – Messidor – pour sauvegarder cette villa de style normand au bout de l’av. Churchill, près du Bois. A plusieurs reprises, notre Lettre s’est fait l’écho des projets immobiliers visant à la détruire et à la remplacer par un gros immeuble à appartements. Aujourd’hui à nouveau, après 2013 et 2016, cette villa a fait l’objet d’une demande de démolition afin d’y construire un immeuble de 18 appartements avec un parking de 30 places (voir croquis du projet à l’enquête publique en juin 2017).

Dans le cadre de l’enquête publique actuelle nous avons à nouveau demandé que la Commune adopte une politique de sauvegarde cohérente pour ce genre de patrimoine avant qu’il ne disparaisse.

C’est chose faite : la Commune vient d’introduire, à l’intervention de Marc Cools, échevin de l’Urbanisme, une demande de classement de la façade avant, de la façade latérale et de la toiture, outre du magnolia dans la zone de recul.

Les esprits chagrins diront que ce n’est que du façadisme ; certes, mais c’est mieux que rien. Terminons en formant le vœu que la Région suive la recommandation de la Commune et accepte le classement car deux demandes avaient déjà été introduites par la Commission Royale des Monuments et des Sites : elles ont été caduques faute d’avoir été traitées dans un délai de deux ans !

En tous les cas, l’avis de la Commission de Concertation pour la construction de l’immeuble de 18 appartements est tombé : il est défavorable !

(Pour lire l’avis dans son entièreté : http://www.uccle.be/administration/...)

NB. : Outre le PUY FLEURY, nous luttons également – et cette fois surtout le Comité Floride – Langeveld – pour la préservation du MANOIR PIRENNE, avenue de la Floride.

Fig. 1 et 2 : La façade à rue actuelle et celle du nouveau projet qui était à l’enquête en juin 2017

COMBAT POUR SAUVER DEUX TEMOINS DE NOTRE PATRIMOINE ARCHITECTURAL ET PAYSAGER

Dans nos dernières publications nous avons attiré l’attention sur le danger qu’il y avait de voir deux beaux ensembles patrimoniaux Ucclois disparaître sous la pioche d’un même promoteur , Monsieur Robert Fischer. Il s’agit de la villa LE PUY FLEURY avenue Churchill 228 (au nom d’Ocean Group SA [1] ainsi que du MANOIR PIRENNE, avenue de la Floride 125 (au nom de Yo SA).

Pour mener à bien ses deux projets, Monsieur Fischer s’est associé Monsieur Marc Corbiau, architecte qui très clairement ne semble pas porter à l’architecture Belle Epoque une grande dévotion.

Si les goûts et les couleurs sont des matières éminemment subjectives, les considérations esthétiques de Monsieur Corbiau, dans le cadre de ce dossier, ne sont manifestement pas partagées par bon nombre d’Ucclois. Et en tout cas pas par les membres des deux comités de quartier (le Comité Longchamp Messidor et le Comité Floride/ Langeveld) qui se sont massivement mobilisés lors l’enquête publique et lors de la séance de la Commission de Concertation du 27 avril dernier (la salle était comble) pour réclamer la sauvegarde de ces deux villas et de leur jardin ou parc respectif. Opinion en grande partie partagée par les membres de la Commission de Concertation puisque les deux avis très circonstanciés qu’ils ont rendus ont été très défavorables pour le demandeur.

Le « Puy Fleury », oeuvre de l’architecte belge Emile Missu, constitue une des dernières propriétés témoignant du « park system » mis en place le long de l’avenue Longchamp ( actuelle avenue Churchill) au moment de sa création à la Belle-Epoque.

De ces avis ressort nettement le désir de préserver ces deux remarquables ensembles patrimoniaux. Cependant, le promoteur semble avoir le bras long et l’histoire n’est donc peut-être pas terminée.

S’il se comprend qu’un promoteur immobilier peut être enclin à construire et vendre un maximum, même en détruisant les témoins du passé, il est heureux que certains se préoccupent avec énergie de sauvegarder de beaux immeubles représentatifs de leur époque, et des espaces verts remarquables.

Le manoir, photo d’époque, probablement vers 1909

Il ne s’agit pas d’un combat de nostalgiques du passé : il s’agit ici d’une volonté de se défendre contre une nouvelle « bruxellisation » qui a déjà fait tant de ravages.

Il y a un désir certain du citoyen de changer sa vision sur l’urbanisation actuelle et la protection de la nature au sein de notre ville, un désir d’agir avant qu’il ne soit trop tard.

La Commission Royale des Monuments et Sites s’est opposé à la destruction du manoir situé au 125-127 avenue de la Floride, non seulement au vu de la qualité intrinsèque du bâti, édifié selon les plans de Adolphe Pirenne en 1909, mais également en raison des dommages que subiraient les magnifiques arbres à haute tige ( dont nombreux arbres remarquables ) de la propriété

Depuis sa création en 1973, l’ACQU et ses comités membres ont toujours gardé le cap vers un même objectif : continuer à se battre pour sauvegarder un patrimoine construit et vert, cher à tous les habitants d’Uccle.

Chantal de Brauwere Comité Floride / Langeveld

[1] Le présentateur de télévision français « Arthur » (Jacques Essebag de son vrai nom), domicilié à Uccle depuis fin 2013, détient personnellement 75% des parts de la S.A. Ocean Group, société créée fin 2013 ; sa holding luxembourgeoise AW Equity détient les 25% restants. (source : Moniteur du 4 juin 2014))