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Chantal DE BRAUWERE
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Le Comité Floride Langeveld

Le Comité Floride Langeveld a été au centre de l’actualité uccloise le mois d’avril dernier. La demande de lotissement d’une des grandes propriétés de ce beau quartier a en effet mobilisé un grand nombre de ses riverains dont l’action a finalement abouti au refus du projet.

Nous avons rencontré Chantal de Brauwere, présidente du comité.

Bonjour, pouvez-vous nous en dire un peu plus concernant ce dossier de lotissement ?

Oui, bien entendu. Le projet, copiloté par l’architecte Marc Corbiau et le présentateur français Arthur, prévoyait tant la démolition de l’ancien manoir du domaine - en parfait état - que l’abattage de 65 arbres dont quelques spécimens parmi les plus remarquables de la Région bruxelloise. De plus, les 3 immeubles prévus ne respectaient ni les règles du PPAS ni les recommandations de la CRMS. Notre Comité de quartier était présent en force (une centaine de personnes) pour exprimer son inquiétude lors de la réunion de la Commission de concertation le 27 avril. Le Comité a précisé qu’il ne s’opposait nullement à la valorisation de la propriété par un projet valable. Nous avons été entendus par toutes les instances compétentes et l’avis émis précise ceci :

  • Le manoir doit être conservé tant pour ses qualités historiques que pour maintenir l’environnement des arbres remarquables ;
  • Le projet porte préjudice aux qualités végétales exceptionnelles du site qui comprend 15 arbres remarquables ;
  • Les dérogations relatives au niveau supplémentaire des immeubles B et C ne sont pas justifiées.

Les 3 immeubles projetés par l’architecte Marc Corbiau et le présentateur français Arthur au 125-127 de l’avenue de la Floride, ne respectaient pas les règles du PPAS local, entre autre la zone de protection d’arbre.

ZONE DE PROTECTION D’ARBRES « Ces zones sont principalement destinées à la sauvegarde des plantations et à leur régénération. La réalisation ou le maintien d’un écran végétal vise à séparer les espaces et donc à limiter visuellement les intérieurs d’îlot. Les plantations participent à l’aménagement paysager du site. Ces zones sont à considérer comme non aedificandi, sauf situation particulière où, en raison des conditions locales, la limite de la zone peut être modifiée moyennant des mesures particulières de publicité. »

Ce dossier est-il emblématique pour votre comité ?

Pas spécifiquement. Il était normal que l’on s’intéresse à ce gros dossier dans la mesure où, comme d’autres comités de quartier, nos thématiques d’action touchent de loin ou de près à des questions d’urbanisme, de mobilité, d’environnement et du bon vivre ensemble. Ces matières se conjuguent évidemment en fonction des spécificités liées au périmètre de notre quartier.

Comment ce périmètre a-t-il été défini ?

Le périmètre de notre comité correspond à celui du PPAS N°51 Floride - Langeveld qui fut élaboré dans les années 1980. Il s’agit des rues comprises dans le périmètre suivant : De Fré – Waterloo – Montjoie – Cavell. Un des objets de notre association consiste dans la défense des prescriptions de ce Plan Particulier d’Affectation du Sol qui vise à préserver les espaces verts et écrans végétaux des intérieurs d’îlots, à régler la mixité des fonctions des artères commerciales ou encore à protéger certains ensembles remarquables tels que l’avenue Beau Séjour. En bref, il s’agit d’un garde-fou précieux à l’encontre de certains appétits spéculatifs parfois excessifs. Notez que dans les années 1990 un PPAS N° 51bis a été mis en place spécifiquement autour de la clinique Ste Elisabeth en vue de redéfinir la répartition et les implantations des différentes fonctions du site. Le voisinage de la clinique fut également une des raisons majeures qui explique la création de notre association.

La Clinique Ste Elisabeth vous donne-t-elle du fil à retordre ?

La présence d’une clinique universitaire dans notre quartier est un atout pour tous les Ucclois et est sans doute le plus grand employeur à Uccle. Mais cela implique aussi que toutes les mesures d’accompagnement soient prises pour que la clinique s’intègre dans le quartier. Aujourd’hui, nos préoccupations se concentrent surtout en matière d’impact sur la mobilité. Nous sommes en pourparlers avec la clinique également dans le cadre d’autres nuisances collatérales telle que le bruit lié à certaines de leurs installations techniques.

La clinique se situe le long de l’avenue De Fré : seuls les riverains de cette artère subissent-ils des difficultés en matière de mobilité ?

Non, loin de là, car c’est surtout en matière de stationnement que le bât blesse. Un très grand report de stationnement, dû essentiellement aux travailleurs de la clinique, asphyxie depuis de nombreuses années l’ensemble de notre quartier. Le problème tient du fait que le stationnement dans nos rues était jusqu’il y a peu non réglementé. Récemment, trois des rues les plus proches de la clinique ont été placées en zone bleue (utilisation du disque) ce qui a occasionné un report et une concentration du problème dans les rues restées non réglementées. Toutefois le plan de stationnement de la Commune prévoit de mettre prochainement l’ensemble de notre quartier en zone verte (payante pour les non riverains).

La présence d’une grande clinique universitaire dans le quartier est un atout pour tous les Ucclois. Mais cela implique aussi que toutes les mesures d’accompagnement soient prises pour que la clinique s’intègre dans le quartier.

Ce plan de stationnement va-t-il résoudre l’ensemble du problème ?

Ce plan offrira une situation plus confortable aux riverains, c’est indéniable. Encore faut-il que les infractions soient contrôlées et verbalisées. D’autant plus que certaines voitures sont garées vraiment n’importe où et n’importe comment. Par contre, ce plan ne fait pas vraiment l’affaire de la clinique. Il est prévu qu’un travailleur non résident puisse acquérir une carte de stationnement annuel mais au prix de 600 euros ! Comparé aux 5 euros demandés à un riverain ça fait évidemment une sérieuse différence. L’objectif du Plan, louable en soi, est d’inciter les travailleurs - navetteurs à plutôt investir dans un abonnement STIB qui coûte lui-même approximativement 600 euros. Or, si d’une part on peut comprendre que les travailleurs de la clinique rechignent à payer une telle somme en plus du coût auquel leur revient déjà leur voiture personnelle, d’autre part il faut rappeler que Ste Elisabeth est vraiment très mal desservie par les transports en commun : aucune ligne de train, de métro ou de tram et les lignes de bus sont peu attractives car non aménagées en « site propre » (Contrairement à St Luc et au Chirec qui va s’installer près de Delta, où les employés peuvent trouver à proximité métro et sans doute RER). Au final, pour notre quartier, ce plan de stationnement ne constitue qu’un emplâtre sur une jambe de bois (parfait pour une clinique !) car fondamentalement il ne traite pas le problème de base. Ce qu’il faut, c’est que la clinique adopte un Plan de Déplacement d’Entreprise ambitieux et en partenariat avec les différents opérateurs de transports publics. Parmi les différents axes à développer, il faudrait que soient organisées des navettes efficaces entre la clinique, certaines gares et certains parkings de dissuasions tout en sachant qu’un pourcentage important du personnel provient du sud-ouest de la région (Halle).

Périmètre d’action du comité de quartier

Ce ne sont pas des matières toujours évidentes à traiter. Vous êtes bien organisés ?

Depuis le décès inattendu de monsieur Zielonka, le comité a été obligé de se réorganiser. Monsieur Zielonka était ce type de personnalité forte, extrêmement compétente qui prenait beaucoup en charge lui-même, vu ses nombreuses compétences notamment en matière d’architecture et d’urbanisme. Depuis son départ, les taches ont dû être réparties entre nous, le mieux possible en fonction des aptitudes et des intérêts de chacun. C’est ainsi qu’aujourd’hui deux personnes sont chargées de relever les enquêtes publiques, deux personnes sont chargées de la communication en matière de mobilité avec la Commune, deux personnes sont en charge des discussions avec la clinique Ste Elisabeth, etc. Le comité compte 4 administrateurs, une vingtaine de membres effectifs dont une douzaine se réunit au minimum une fois par mois et quelques 150 sympathisants à qui un bilan des activités est régulièrement envoyé.

Vous disiez que parmi les thématiques d’action du comité il y avait également le « bon vivre ensemble ».

Effectivement, notre comité est également à l’origine d’événements festifs de quartier tels que par exemple la tenue de la brocante tous les deux ans ou encore le verre annuel de l’amitié. Mais notre réalisation la plus marquante à long terme est probablement la création en 2013 du Jardin des Deux Cerisiers, un projet écologique et social d’envergure implanté entre la rue Langeveld et la chaussée de Waterloo. Il s’agit d’une véritable réussite dont on se félicite. L’objectif était triple : renouer les liens de solidarité entre les habitants du quartier, rendre « vert » une zone sombre et fréquemment vandalisée, ainsi que créer un « tampon » de verdure entre la chaussée de Waterloo et les habitations environnantes. Le projet a pu voir le jour grâce à un financement de l’IBGE dans le cadre de l’appel à projet « Quartiers Verts » et à un soutien financier et technique du Service Vert de la Commune d’Uccle. Enfin, toujours dans le même registre mais deux ans plus tôt, nous avons initié et financé la plantation d’un liquidambar au centre du rond - point situé à la croisée de l’avenue de la Floride et de la rue Langeveld. Tout comme pour le Jardin des Deux Cerisiers, ce fut une belle coopération avec la Commune puisque la sélection de l’arbre et sa plantation ont été effectuées par son Service Vert.

La réalisation la plus marquante du comité est probablement la création en 2013 du Jardin des Deux Cerisiers, un projet écologique et social d’envergure implanté entre la rue Langeveld et la chaussée de Waterloo

Le « jardin des deux cerisiers ».

Article paru dans La Lettre aux Habitants n°84, juin 2015

Le « Jardin des Deux Cerisiers » est le premier projet écologique d’envergure initié par le Comité de Quartier Floride Langeveld (CQFL). Il se situe entre la rue Langeveld et la chaussée de Waterloo. La zone longe le « Bâtiment 2000 » qui abrite notamment la bibliothèque-médiathèque « Le Phare » et une école de communication.

L’objectif était triple : renouer les liens de solidarité entre les habitants du quartier, rendre "vert" une zone sombre et fréquemment vandalisée ainsi que créer un « tampon » de verdure entre la chaussée de Waterloo et les habitations environnantes. Le projet a pu voir le jour en 2013 grâce à un financement de l’IBGE dans le cadre de l’appel à projet « Quartiers Verts » et un soutien financier et technique du Service Vert de la Commune d Uccle. Comme il s’agissait d’un premier essai, il a volontairement été focalisé sur une zone assez étroite.

A l’origine, le site ne présentait grosso modo que deux cerisiers, un sorbier et un houx. Il a donc été décidé de l’enrichir par un ensemble de plantes variées, vivaces et indigènes comprenant quelques espèces comestibles. La métamorphose est assez spectaculaire. Aujourd’hui le « Jardin des Deux Cerisiers » est devenu un lieu ouvert et coloré. Le vandalisme semble même avoir quitté les lieux bien qu’il perdure à l’avant de la bibliothèque.

La solidarité qui a été créée par le projet est également manifeste. Les « dames du jardin » habitent à côté de la zone du projet et se le sont approprié comme si c’était le leur. Avec patience et enthousiasme, elles partagent leur passion avec les passants et les riverains. Cette solidarité se manifeste aussi lors d’événements périodiques tels que l’apéro ou la brocante du quartier et lors d’animations spécifiques avec des organisations telles que Natagora. Au départ, l’équipe du jardin a préféré ne pas placer de banc permanent, craignant le vandalisme. Cependant, maintenant que le jardin semble être respecté, il est envisagé de placer quelques chaises « à l’essai ».

Bien que des projets éducatifs aient été planifiés en collaboration avec la bibliothèque et le Centre d’Écologie Urbaine (lecture » dans le jardin,échanges de livres sur la nature, création d’un hôtel à insectes, d’un nichoir, etc.), l’éducation s’est surtout faite de manière informelle, non seulement en donnant aux habitants l’occasion de s’essayer au jardinage mais aussi en leur donnant l’occasion de s’occuper de leur quartier.

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