3.4. SOLUTIONS MÉSO 

Article paru dans la Lettre aux Habitants n°74, décembre 2012.
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Sous ce vocable, nous avons rassemblé quelques solutions qui nécessitent des infrastructures à mettre en œuvre par les pouvoirs publics, mais aux coûts nettement moindres que les pharaoniques bassins d’orage projetés par Vivaqua.

Il serait souhaitable d’évaluer le gain financier de tels aménagements en comparaison des bassins d’orages qui doivent être réalisés par fonçage, technique utilisée pour le creusement de tunnels ferroviaires ou routiers.

Nous en faisons une brève description, sans développer le fonctionnement de ces infrastructures qui font par ailleurs l’objet de nombreuses publications soit de la part de l’IBGE, soit de la part d’autres villes francophones auxquelles nous renvoyons le lecteur par des liens à explorer sur internet.

LE FOSSÉ

Un fossé (photo ci-contre, à droite) est une zone creuse, aux pentes abruptes dont la profondeur est d’environ un mètre. Longeant ou bordant les voiries, le fossé recueille l’eau de pluie et sert à sa rétention soit pour l’évaporer (évapo-transpiration) ou l’infiltrer sur place, ou à son écoulement et à son rejet dans un cours d’eau ou un réseau. Cette zone végétalisée reste généralement humide ; on peut y planter des espèces hydrophiles comme des carex, des joncs, des massettes, des roseaux sans oublier les iris jaunes à Bruxelles. Ces fossés ont été supprimés là où ils existaient en ville pour des raisons de commodités, mais ils devraient être imposés à tous les nouveaux lotissements. Ce qui distingue le fossé de la noue est principalement son profil : forte pente, faible largeur et importante profondeur, c’est d’ailleurs ce qui les a rendu dangereux pour certains.

LA NOUE

La noue (photo ci-dessous) se distingue du fossé par ce qu’elle est peu profonde et large à très large (photo d’une noue peu large – origine : Wikipedia commons). La noue peut être simplement engazonnée et périodiquement fauchée (fauche tardive si le dispositif intègre un objectif de protection de la biodiversité) ou tondue. Elle peut aussi être transformée en jardin provisoirement inondable. Comme les fossés, les noues peuvent être reliées à d’autres dispositifs de rétention ou d’absorption des eaux pluviales. Les noues peuvent constituer des réseaux à ciel ouvert peu onéreux. Les avantages de ces aménagements en font l’une des techniques alternatives les plus prisées.

Nous apprécions le projet de la commune d’Uccle de réaliser des noues là où les maisons sont en fort retrait de la voirie, chaussée de Saint-Job, entre les rues Papenkasteel et Engeland (informations données à la conférence du 16 avril 2012 à la maison communale d’Uccle et confirmée peu après).

LA TRANCHÉE D’INFILTRATION

Les tranchées d’infiltration sont de petites noues qui bordent un espace minéralisé (par exemple parking) d’un demi mètre à un mètre de large où l’eau de ruissellement est recueillie et infiltrée soit in situ ou par déversement dans un drain d’infiltration. De tels dispositifs couverts de grillages permettant le passage des véhicules devraient équiper toutes les surfaces minéralisées, leurs dimensions étant proportionnelles à la surface imperméabilisée. Ils peuvent aussi être construits le long des trottoirs des voiries.

LE BASSIN SEC

Les bassins secs ou petites zones inondables urbaines encore dénommés jardins d’orage sont des espaces publics ayant la particularité d’avoir leur niveau plus bas que celui de la voirie, ce qui leur permet de jouer le rôle de bassin de retenue temporaire. Ils sont reliés au réseau d’écoulement afin de se vider lentement après les fortes pluies et avoir ainsi permis de jouer un rôle de zone tampon en retenant temporairement les volumes d’eau en excès.

LE RÉSERVOIR

Les structures "réservoir" peuvent être de type alvéolaire ou à chambres de stockage et sont des cavités de 1 à 2 mètres de profondeur qui peuvent être recouvertes d’un revêtement imperméable si elles sont reliées à un système de drainage et servent de bassin de rétention ou recouvertes d’un revêtement poreux, par exemple sous un parking de grande surface. Les structures réservoirs sont reliées au réseau hydrographique par un trop-plein qui fait en sorte qu’elles se vident lentement pour éviter l’afflux d’eau dans le réseau. Les voiries des nouveaux lotissements ou la réfection d’anciennes voiries devraient intégrer des parkings sur structures réservoir.

Le petit bassin d’orage sous les terrains de pétanque au bas de l’avenue de la Chênaie est du premier type ; c’est une structure alvéolaire recouverte d’un voile imperméable et de terres.

Toutes ces mesures nécessitent de repenser la ville avec une autre vision que celle qui prédomine aujourd’hui, avec des aménagements qui réconcilient l’homme, l’eau et la nature.

Aménagement du geleytsbeek réalisé par Bruxelles-Environnement près de la rue du Melkriek à Uccle.