Un plan de déplacement scolaire au Lycée français Jean Monnet

Article paru dans la Lettre aux habitants n° 66, décembre 2010.


Avec 2.300 élèves et 250 travailleurs qui entrent et sortent chaque jour, le Lycée français Jean Monnet joue un rôle majeur dans la mobilité de son quartier. Au début de l’année scolaire 2009- 2010, l’établissement s’est lancé dans une démarche de Plan de Déplacements Scolaires, avec l’aide de l’asbl COREN.

COREN (pour Coordination Environnement) est une associa- tion active depuis 1994 dans l’éducation relative à l’environnement et au développement durable, à Bruxelles et en Wallonie. Au sein des établissements scolaires, son objectif est d’intégrer dans le long terme des pratiques de gestion environnementale. Sa méthodologie passe généralement par la création et l’accompagnement d’un comité de pilotage représentatifs de l’entièreté de la structure scolaire. Depuis 2006, COREN est mandatée par l’Administration régionale bruxelloise en charge de l’équipement et des déplacements (Bruxelles Mobilité – AED), pour accompagner les écoles dans la mise en œuvre de leur Plan de Déplacements Scolaires.

Les enquêtes menées dans ce cadre au Lycée français auprès des élèves et des parents des sections maternelle, primaire et secondaire ont clairement montré la prépondérance de la voiture comme mode de déplacement. 40% des élèves sont concernés. Vient ensuite le ramassage scolaire organisé par le Lycée, dont les 16 lignes de bus transportent près d’un tiers des élèves. Une légère baisse de fréquentation a été observée ces dernières années, notamment en raison du coût assumé par les parents. Il reste cependant un réel avantage pour les élèves comme pour la mobilité au sein du quartier. Du côté des transports publics, on atteint à peine 15% d’élèves en secondaire. Il faut dire qu’à l’instar de nombreux quartiers de la commune, la desserte est loin d’être optimale... Et les 200 élèves concernés suffisent largement à saturer la seule ligne de bus 60 offrant un arrêt à proximité directe. La part des élèves qui se déplacent à pied (environ 15% en secondaire) est équivalente à la part des élèves domiciliés à moins d’un kilomètre du Lycée. Le vélo reste quant à lui anecdotique. Pourtant le potentiel existe : 36% des élèves de secondaire habitent entre 1 et 4 kilomètres du Lycée. Manque une infrastructure plus adaptée encourageant un change- ment de mentalité en sa faveur.

La répartition modale observée ne reflète pas des distances domicile-école particulièrement élevées. En effet, la moitié des élèves habite dans la commune d’Uccle et un tiers habite dans d’autres communes de la Région de Bruxelles- Capitale, principalement les communes limitrophes. Moins d’un cinquième des élèves habite en dehors de la Région, majoritairement en périphérie proche.

Face à ce constat, le Lycée agit sur plusieurs fronts : démarches auprès des gestionnaires de voiries et autres sociétés de transport dans l’espoir de voir s’améliorer la desserte en transport public, l’infrastructure cycliste, la sécurité des piétons, l’accessibilité RER (gare Lycée français), obtention d’une réduction sur les abonnements scolaires équivalente à celle attribuée aux élèves des écoles de la Communauté française, etc.

En parallèle, le Lycée mise sur l’éducation des élèves et la sensibilisation de l’entièreté du public scolaire. La semaine du 6 décembre 2010, les élèves, parents et enseignants ont été encouragés à tester les alternatives à la voiture individuelle, à l’occasion de l’événement « Au Lycée sans voiture ». Au programme : rangs piétons depuis les arrêts de bus, tram et train, atelier de répa- ration de vélos, action « visibilité » des cyclistes, bilan carbone des déplacements, exposition sur les énergies alternatives, voiture tonneau et piste de circulation de la police, bus témoin de la société de transport scolaire, etc.

Par la suite, d’autres actions seront initiées, telles que la mise en œuvre d’un outil de promotion du covoiturage. Il restera également à transformer les actions ponctuelles en véritables mesures ancrées durablement dans l’école et permettant de pérenniser les changements de comportement. Cette étape est la plus importante. C’est aussi la plus difficile.

Geoffrey Defuisseaux
Responsable des Plans de Déplacements Scolaires
COREN asbl

décembre 2010