Sauvez le tram 51 ! 2ème partie : de Albert à Van Haelen

Article paru dans la Lettre aux habitants n° 67, mars 2011.

Article paru dans la Lettre aux habitants n° 67, mars 2011.


Dans le précédent numéro de la Lettre aux habitants, nous évoquions l’avenir incertain du tram 51, dès lors que la Région bruxelloise et la STIB envisagent un axe de métro Nord-Sud entre Schaerbeek et la station Albert. Nous plaidions pour le maintien de cette ligne de tram 51 vers le centre de Bruxelles et, en attendant, pour l’amélioration de sa vitesse commerciale sur le tronçon compris entre le terminus Van Haelen et Albert, moyennant des propositions très concrètes.

Aujourd’hui, il est temps de se pencher sur le trajet retour : de la station Albert au terminus Van Haelen. (Pour rappel : la Lettre aux habitants n° 66 contient un croquis explicatif)

  • Zone n° 1

A la sortie de la trémie avenue Jupiter, le retour à l’air libre ne pose pas de problème. Jusqu’à l’Altitude Cent, la cohabitation avec la circulation automobile n’engendre pas de retard ou de ralentissement notoire. Seules l’arrivée sur le vaste rond-point de l’Altitude Cent et sa sortie sont parfois ralenties par des automobilistes trop pressés.

Le tram descend alors l’avenue Van Goidtsenhoven. Plusieurs véhicules sont arrêtés en double file et gênent la progression du tram. Au carrefour Alsemberg – Coghen - Vanderkindere, des véhicules attendent la phase verte du feu sur les rails.

Propositions :

Des feux à l’entrée et à la sortie du rond-point de l’Altitude Cent devraient arrêter les autos (et les piétons) avant l’arrivée du tram pour garantir une meilleure sécurité de tous les usagers.

Le marquage d’un site propre pour le tram dans l’avenue Van Goidtsenhoven (au moins à proximité du feu) devrait avoir pour effet de diminuer le stationnement en double file et d’accéder plus aisément au carrefour Alsemberg – Coghen – Vanderkindere. A ce carrefour, une télécommande du feu par le tram permettrait une traversée plus rapide en anticipant sur le démarrage des voitures.

  • Zone n° 2

La descente vers Uccle-Centre commence. Les carrefours avec la rue Roosendael, puis avec les avenues Floréal et Joseph Bens sont parfois bien encombrés. Mais c’est bien peu par rapport à la longue attente trop souvent enregistrée avant l’arrêt Xavier de Bue. C’est alors au pas d’homme que le tram avance jusque là pendant plusieurs centaines de mètres. Au carrefour avec la rue Xavier de Bue, dans sa configuration actuelle, les trois phases de feux successives et les possibilités multiples de traversées des rails ont pour effet de freiner exagérément le tram 51.

Propositions :

Une descente plus rapide vers la rue Xavier de Bue nécessite la prise de mesures plus haut sur la chaussée.

Dès le carrefour Coghen – Vanderkindere, une signalisation lumineuse devrait informer les automobilistes quand la chaussée d’Alsemberg est trop encombrée au centre d’Uccle. Ceux qui ne font que traverser cette zone seraient ainsi encouragés à modifier leur itinéraire.

A l’arrêt « Roosendael », une télécommande du feu par le tram permettrait la traversée plus aisée de ce carrefour. Même suggestion à hauteur de l’avenue Floréal.

Une inversion du sens unique dans la première partie de l’avenue Floréal et de la rue Asselbergs limiterait l’arrivée de véhicules supplémentaires sur la chaussée.

Au carrefour avec la rue Xavier de Bue, l’arrêt pourrait être déplacé au delà du croisement, de telle sorte qu’avant celui-ci, une bande centrale puisse être réservée au tram. Une télécommande du feu par le tram est aussi indispensable. Si le tronçon de la rue Xavier de Bue vers l’église Saint-Pierre était piétonnier (au moins en après-midi et le samedi), la circulation automo- bile serait réduite à ce carrefour, au bénéfice du tram.


  • Zone n° 3

Vient ensuite le parcours jusqu’au Globe.

Venant de la rue Labarre, de nombreuses voitures rejoignent la chaussée d’Alsemberg pour rejoindre le Globe. A cet endroit, le dispositif mis en place il y a quelques années en concertation avec la commune (arrêt du tram avancé, feux coordonnés avec ceux du carrefour du Globe et interdiction de stationnement jusqu’à ce carrefour) n’est plus aussi performant, vu le nombre croissant d’automobiles en circulation. La descente est lente, trop souvent ralentie par des automobilistes à la recherche d’une place de parking, en général inexistante. Au carrefour du Globe, le tram est souvent bloqué par une voiture qui tourne à gauche vers l’avenue Brugmann.

Propositions :

Au carrefour de la rue Labarre, une télécommande du feu par le tram est indispensable.

L’arrêt de tram devrait être déplacé au delà du carrefour du Globe près de la crèche communale. Il serait aussi logique de préserver à l’usage exclusif du tram 51 la bande centrale de la chaussée depuis la rue Labarre. Le tram devrait ainsi pouvoir traverser le carrefour du Globe sans être bloqué, ni ralenti. Mais une télécommande du feu paraît ici difficile à installer car il s’agit d’un lieu de croisement de plusieurs lignes de trams (les-quelles privilégier ?) et de bus, et les phases destinées à la circulation automobile sont déjà complexes.

  • Zone n° 4

Jusqu’à la gare de Calevoet, la situation est devenue depuis quelques mois beaucoup plus compliquée. Le nouvel aménagement du carrefour de la rue Engeland et de la chaussée de Saint-Job sous le pont du chemin de fer (plaine du Bourdon) a donné la priorité aux automobilistes venant de la chaussée de Saint-Job sur ceux qui viennent de la gare de Calevoet. Il n’est pas rare que la file de voitures commence à hauteur de la rue des Trois Arbres, parfois même avant. Au moins 10 minutes sont perdues dans ces circonstances. Les transports en commun (bus 43 et tram 51) y sont coincés. Ils n’en échappent même pas dans la descente de la rue Engeland (pas de site propre au contraire de la montée de cette rue).

Avant cet aménagement sous le pont de chemin de fer, on observait déjà beaucoup de voitures qui traversaient les quartiers résidentiels environnants venant soit de la rue de Stalle, soit de la rue Rouge et de la rue de la Fauvette pour s’ajouter au trafic de la chaussée.

L’absence de mise en œuvre complète du plan communal de mobilité ucclois doit ici être rappelée. L’importance excessive de ces traversées a aussi un impact négatif sur le tram 51. Malgré la perte de priorité des automobilistes venant des rues latérales, les traversées de la chaussée d’Alsemberg sont trop fréquentes et font diminuer la vitesse du tram.

Propositions :

Dans le quartier des rues du Coq et de la Fauvette, le trafic de transit doit être complètement découragé, comme le prévoit le plan communal de mobilité. En outre, il convient aussi de décourager le trafic venant de la rue de Stalle qui souhaite rejoindre la gare de Calevoet plus facilement en passant par l’avenue Guillaume Hérinckx, puis la chaussée d’Alsemberg. Un feu pourrait contribuer à réduire le transit excessif. Il passerait automatiquement au rouge à l’approche d’un tram. L’arrêt Trois Arbres serait utilement reculé au delà de l’avenue Hérinckx.

A la gare de Calevoet, l’installation d’un dispositif de télécommande du feu par le tram devrait encore lui faire gagner de précieuses secondes.

Après la gare, l’installation d’un site propre pour les transports en commun dans le sens descendant est indispensable. L’espace nécessaire existe le long du talus du chemin de fer. L’organisation du carrefour sous le pont du chemin de fer doit être repensée : la priorité doit être rendue aux automobilistes venant de la gare. Ce carrefour ne doit pas être un rond-point prioritaire.

  • Zone n° 5

Après 250 mètres de site propre, la traversée du carrefour du Bourdon n’est pas aisée. Des voitures qui tournent à gauche vers la rue du Bourdon peuvent bloquer le tram au milieu du carrefour.

Le terminus van Haelen est proche. Pourtant, il n’est pas rare qu’un peu après l’arrêt Crematorium (avenue du Silence), la file des autos ne ralentisse sérieusement le tram 51. Les feux du carrefour du Fond de Calevoet (embranchements multiples vers Drogenbos, Beersel, Alsemberg et Linkebeek) en sont la cause. Heureusement, le terminus proprement dit a bien été aménagé et rend la descente du tram très sûre. Mais la traversée piétonne vers Drogenbos n’est pas suffisamment sécurisée.

Propositions :

Au carrefour du Bourdon, télécommande du feu par le tram (avec départ anticipé sur les voitures) et adaptation du marquage au sol (au minimum) amélioreraient la situation. Au terminus, la traversée piétonne vers Drogenbos devrait être protégée par un feu.

Conclusions

Toutes les propositions contenues dans les deux parties de cet article devraient améliorer sensiblement la vitesse commerciale du tram 51, ainsi que sa fréquence sans injection de trams supplémentaires.

Comme déjà exprimé : les usagers seraient donc doublement gagnants : en termes de temps de parcours et de fréquence !

Les limitations au trafic automobile ne produisent des effets sur celui-ci qu’essentiellement pendant les heures de pointe. Elles invitent bien au transfert modal vers le tram dans un souci de meilleur partage de l’espace public.

De manière plus générale, pour que l’opération « sauvez le tram 51 » réussisse à Uccle de manière exemplaire, il importe que la Région bruxelloise et la Commune d’Uccle traduisent concrètement et partout sur le terrain où elles sont compétentes les objectifs louables de réduction du trafic automobile qu’elles ont inscrits dans leurs plans respectifs.

A défaut, le tram 51 ne roulera qu’ « un peu mieux ». Ce ne sera pas suffisant pour convaincre beaucoup d’automobilistes.

Comme nous vous y invitions dans le précédent numéro, n’hésitez pas à nous communiquer vos commentaires pour alimenter la réflexion et favoriser le débat entre toutes les parties concernées (Région, STIB, Commune, habitants, commerçants, usagers,...). De notre côté, nous nous tournerons prochainement vers les autorités régionales, stibiennes et communales pour connaître leurs réactions et savoir quelle suite elles pourraient donner à nos réflexions.

Dans un prochain numéro, nous aimerions tant intituler l’article « Le tram 51 bientôt sauvé »….

Pour le Groupe de travail Mobilité de l’ACQU

ALAIN THIRION

mars 2011