Promouvoir le vélo électrique

Article paru dans la Lettre aux habitants n° 57, septembre 2008.


Merci à l’ACQU de me permettre d’écrire cet article et de me donner l’occasion d’essayer de convaincre un grand nombre d’Ucclois que ranger leurs voitures au garage et recourir au vélo/vélo électrique chaque fois que possible transformera leur vie : plus de stress dans les embouteillages, plus grande rapidité de déplacement en ville aux heures de pointe, pas de problème de parking, grands moments de détente et évidemment... grande satisfaction de contribuer au développement durable.

Sur des courtes distances de 20 à 30 km aller-retour, le vélo électrique est imbattable, particulièrement aux heures de pointe et lorsque le parking est difficilement accessible ou onéreux.

Test-Achats écrivait dans son numéro d’avril 2008 :
« Pratique, facile et maniable, le vélo électrique peut constituer un élément de solution aux problèmes de mobilité et de réchauffement climatique. Enfourchez avec nous ces engins sans doute appelés à un bel avenir. »

Comment suis-je arrivé au vélo électrique ?

Il y a quelques années, le département électro-mécanique de la VUB (Vrij Universiteit Brussel) proposait de tester pendant un ou deux mois un vélo électrique. J’ai saisi l’occasion et j’ai été très rapidement séduit.

C’est quoi exactement un vélo électrique ?

En fait, c’est plutôt un “vélo à *assistance* électrique”, nuance... Un vélo à assistance électrique ne démarre pas tout seul : tant qu’on n’appuie pas sur les pédales, il ne se passe rien. Pour avoir droit à l’assistance, il faut y mettre (un peu) du sien. Un dispositif coupe l’assistance dès qu’on atteint environ 25 km/h. En apparence, c’est un vélo : le moteur est situé dans le moyeu arrière et la batterie est dissimulée dans un sac ou derrière un cache. Au guidon, un boîtier discret permet de faire varier l’intensité de l’assistance (afin de gérer au mieux l’autonomie) ou même de la couper complètement. Le vélo est un peu plus lourd qu’une bicyclette ordinaire : autour de 20 kgs au lieu des 13/15 habituels. Dès le premier coup de pédale, on sent qu’on n’est pas seul à faire un effort, c’est même surprenant ! Le vélo électrique a une autonomie de 50 à 30 km suivant que l’on roule principalement sur terrain plat ou avec côtes.

La batterie du vélo est rechargée pendant 3 à 5 heures, de préférence la nuit au tarif électricité/nuit. Dans quelques semaines, l’électricité sera fournie par mes panneaux photovoltaïques qui alimenteront également ma pompe à chaleur (chauffage de la maison). Le coût d’un vélo électrique varie entre 1.500 et 2.000 €. La batterie qui devra être remplacée probablement tous les 2 ou 3 ans, en cas d’usage quotidien, coûte environ 500 €. Vous trouverez une foule d’autres informations sur le site WEB de « Provelo » ou en cliquant dans votre moteur de recherche sur « vélo électrique » Pour illustrer, quelques exemples de trajets bien connus de tout Ucclois, « souvent vallonnés » et que j’utilise régulièrement :

1er itinéraire : Avenue de l’Observatoire – place Madou

On s’engage d’abord dans la chaussée de Waterloo en veillant à ne jamais longer à moins d’un mètre les voitures en stationnement (un automobiliste risque d’ouvrir sa portière). A l’approche du carrefour Churchill, on passe la file de voitures en attente au feu rouge. Même scénario à la Bascule et chaussée de Vleurgat, au carrefour avec l’avenue Louise.

On cadence sa vitesse pour essayer d’arriver lorsque le feu passe au vert. Avenue Louise, on roule confortablement, sur le bas côté, toujours au milieu de la route (ici encore, pour ne pas serrer les voitures en stationnement). On dépasse les files de voitures en attente devant les feux rouges successifs. En passant, on contemple les voitures engluées dans les tunnels et leurs conducteurs hargneux.

On monte à droite la petite côte de la rue Souveraine (égale à un terrain plat pour le vélo électrique) pour ensuite traverser sans difficulté la chaussée d’Ixelles, la chaussée de Wavre, la rue du Trône. On longe alors l‘avenue des Arts, l’avenue des Astronomes.

On arrive après environ 20 minutes place Madou, détendu, après quelques petits efforts, juste suffisants pour entamer une excellente journée de travail.

En plus, ... pas de problème de stationnement !

L’alternative pourrait être (pour les frileux, en cas de forte intempérie) de déposer son vélo à l’entrée du bois, prendre le tram 94 et le métro à la Place Louise. Il faut compter 5 à 10 minutes en plus, mais c’est toujours plus rapide que la voiture aux heures de pointe.




2ème itinéraire : Avenue de l’Observatoire – Administration Communale d’Uccle/Urbanisme

Le trajet aller, principalement en descente, est facile. On arrive, après une légère montée rue Xavier De Bue, en 10 minutes, à la Maison Communale.

En voiture, comme il est généralement difficile de trouver une place, il faut ajouter 10 à 15 minutes …

Au retour, le vélo électrique montre toute sa saveur. La longue montée de l’avenue De Fré et de l’avenue Hamoir, se mue en quasi terrain plat. Le temps de parcours n’est augmenté que de quelques minutes par rapport à l’aller.

Et c’est là tout l’avantage du VAE (vélo à assistance électrique) : il permet d’aller relativement vite sans effort et donc, on peut aller à son travail sans avoir transpiré. Il s’agit donc bien d’un moyen de transport alternatif et non pas d’un outil pour garder la forme (encore que, il faut tout de même participer et ça ne fait pas de mal).

Les marquages au sol « vélos » sur chacun des bas-côtés de l’avenue rappellent aux automobilistes la présence des vélos et sont sécurisants dans une artère très fréquentée.

3ème itinéraire : Avenue de l’Observatoire – Place St Job

Chaque jour, ma femme (en vélo) ou moi, nous emmenons notre fille sur le porte-bagages à l’école située à côté de la place St Job.

Nous arrivons en vélo, pile en 5 minutes, quel que soit le temps, détendus et devant la porte de l’école (pas de souci d’embouteillage ni de recherche de parking).

Au retour, il faut affronter la côte relativement raide de la rue Copernic, un SUL (sens unique limité) face aux voitures qui descendent souvent trop rapidement et malgré la vitesse limitée à 30 km/h.

Nous nous sentons, quand même, en sécurité. Les automobilistes nous voient bien et ralentissent.

En vélo, ma femme avec notre fille sur le porte-bagages, et mes fils quand ils rentrent de l’école, font un petit crochet par les avenues Lancaster et Hamoir qui sont moins pentues.

Avec le vélo électrique, par contre, je monte avec ma fille nos 110 kilos (85 + 25) allègrement et sans gros effort.

Combinaison vélo/vélo électrique avec train ou tram

Chacun habite à moins d’1 ou 2 km d’un arrêt de tram ou d’une gare. Déposer son vélo à côté d’un arrêt et monter dans un train ou tram raccourcira souvent beaucoup le temps de trajet.

En conclusion

Peu à peu, mon VAE s’est imposé comme moyen principal de déplacement. Essayez-le et vous serez convaincus.

Eric de BÉCO

septembre 2008