Les projets STIB d’un dépôt chaussée de Ruysbroeck et du réaménagement de la place Vanderkindere

Article paru dans la Lettre aux habitants n° 67, mars 2011.


En ce début d’année 2011, la STIB projette d’entreprendre deux gros chantiers sur le territoire ucclois : la construction d’un dépôt de tram le long de la chaussée de Ruisbroeck d’une part, et la restructuration complète du carrefour Vanderkindere d’autre part. On se réjouira de l’intérêt que porte la STIB à notre commune car la mobilité, en corrélation à la question délicate de la densification, y constitue sans aucun doute un des enjeux les plus importants. Comme la viabilité du territoire est en cause, l’ACQU a voulu faire part de ses remarques vis-à-vis des projets susmentionnés.

Vu l’importance de ces deux dossiers, l’ACQU a choisi de les traiter dans une brochure spécifique à paraître très bientôt. L’article ci-dessous en brosse néanmoins un aperçu.

1. Le dépôt Marconi

La construction d’un nouveau dépôt de trams au sud de Bruxelles s’est révélée pour la STIB nécessaire suite à l’augmentation de son matériel roulant. Le choix du site d’implantation (son empiètement sur une zone de « sport/loisir de plein air », la nature marécageuse du sol, la proximité des habitations, la mobilité difficile dans le quartier, etc...) avait suscité de nom- breuses réclamations de la part des riverains alarmés par les impacts potentiels du projet (bruit, vibrations, inondations, ...). Lors de l’introduction d’un 1er projet, la commission de concertation du 17 mai 2009 s’en était inquiétée également puis- qu’elle avait recommandé l’éla- boration d’une étude d’incidences. La STIB fut donc contrainte de revoir sa copie.

Le projet remanié vient de faire l’objet, en février 2011, d’une nouvelle enquête publique. La modification principale concerne le hall d’entretien dont la superficie est réduite tout en y englobant certaines installations prévues au départ à l’extérieur. Ces adaptations permettant de limiter la transmission du bruit mais aussi d’augmenter la distance entre les installations et les premières habitations. Malgré ces améliorations et malgré l’épaisseur et la technicité du nouveau dossier mis à l’enquête, l’ACQU et en 1er lieu son comité local « Ophem & C° » regrettent que seul un rapport d’incidences - et non pas une étude d’incidences - accompagne la nouvelle demande de permis. L’analyse de sites alternatifs n’y est en effet que brièvement esquissée, élément qui aurait pourtant été essentiel et obligatoire dans le cas d’une étude d’incidences…

A défaut d’emplacement alternatif et vu le caractère marécageux du site « Marconi », l’ACQU suggére de créer un comité d’accompagnement spécial « inondation/nappe phréatique » composé de protagonistes concernés (l’IBGE, les communes d’Uccle, Forest et Drogenbos, des représentants d’habitants) et accompagné d’experts en la matière afin, après l’achèvement du chantier, d’évaluer régulièrement la situation et ce pendant une durée de 5 ans. En matière de bruit et de vibration, l’ACQU demande que les dispositifs maxima de protection (procédé de graissage automatique des rails, rails engainés de caoutchouc, dalles flottantes préfabriquées) soient mis en place sur l’ensemble de la chaussée de Neerstalle, entre la chaussée de Ruisbroeck et la rue de Stalle.

Enfin, vu l’implantation du nouveau dépôt, l’ACQU et le comité local insistent pour que soit revu profondément le tracé du réseau ferré actuel. Cet aspect du projet peut en effet apporter une nette amélioration à la viabilité du quartier. En voici deux exemples :

- Pour autant qu’un site propre à double sens s’avère absolument nécessaire dans le goulet de la rue de Stalle, son aménagement ne peut se faire au détriment des derniers parkings et arbres existants. Une plus large boucle doit donc être imaginée pour assurer le virage du tram 97.

- Dévier le tracé du tram 82 via la parking de Stalle, le « carrefour des Menhirs » et le nouveau dépôt. Comme le montre le schéma ci-dessous, la plus-value que constitue cette déviation pour les habitants des tronçons concernés de la rue de l’Etoile et la chaussée de Neerstalle, semble évidente : réduction par 2 des nuisances chaussée de Neerstalle et suppression des nuisances rue de l’Etoile tout en conservant la proximité de certains arrêts et donc d’une desserte. Par ailleurs ce projet permet de rationaliser les flux supportés par le carrefour Stalle/ Neerstalle. Enfin cela offre à la ligne 82 une interconnexion avec le parking de Stalle (parking de dissuasion) et le terminus du tram 4.

2. Le réaménagement de la place Vanderkindere

Ce second projet de la STIB prévoit le réaménagement des abords de la place Vanderkindere avec notamment le placement d’une troisième voie de tram posée au début de l’avenue Churchill. L’objectif est d’y disposer la correspondance entre les trams des lignes 3 et 23/24. Cette correspondance a actuellement lieu au rond-point Churchill, endroit manifestement malencontreux. Par ailleurs, la longueur des nouveaux trams nécessite l’allongement des quais.

Enfin, dans la foulée, la STIB réclame l’abattage des marronniers de l’avenue Churchill.

On peut douter de la réelle plus-value en matière de sécurité et de confort que constitueraient les aménagements tels que prévus par la STIB tant pour l’ensemble des usagers que des riverains. Il ne faut d’ailleurs pas mélanger deux problématiques : la dangerosité/inconfort du carrefour Vanderkindere et la question de la correspondance entre les trams 3 et 23/24. La dangerosité du lieu vient de la saturation de ce carrefour : concentration abusive de flux issus de trois axes plus ou moins importants, aussi bien pour la circulation automobile que pour celle des trams. La question des difficultés que connaît la STIB en matière de correspondance constitue une problématique à part.

Il est donc peu probable que le projet de la STIB offre une solution. Les usagers des trams respectifs continueront à traverser la place n’importe comment afin d’attraper coûte que coûte leur correspondance.

Le réaménagement et la gestion de la place Vanderkindere doivent être avant tout guidés par des considérations d’ordre sécuritaire, de viabilité et de rationalité. Or, l’espace en question n’étant pas extensible, il est clair que, pour arriver à un résultat probant, il faudra faire des choix en faveur de certains flux. L’idée d’implanter la correspondance des trams 23/24 à Vanderkindere est envisageable à condition seulement d’y dégager la place nécessaire à la création d’un plateau central de correspondances.

ENGUERRAND DAVID
Chargé de mission ACQU