Le réaménagement de la place Vanderkindere, suite et fin

Article paru dans la Lettre aux habitants n°86, décembre 2015

La place Vanderkindere a enfin son nouveau visage ! Le projet avait été contesté, âprement discuté, remanié, pour aboutir à sa réalisation actuelle. Nous y avons consacré plusieurs articles (Lettre aux Habitants n°81 et 82). Voyons ce qu’il advenu des différentes observations et critiques du projet.

LES POINTS POSITIFS

Ne faisons pas trop la fine bouche : l’aménagement réalisé améliore la configuration de la place Vanderkindere, qui avant ressemblait plutôt à un échangeur pour les voitures.

Les différentes circulations y sont mieux séparées et hiérarchisées. Les piétons y bénéficient de traversées et cheminements bien balisés. La circulation des trams y est mieux protégée et rendue plus rapide par l’aménagement d’un rond-point, traversé en site propre, et par la suppression des feux de circulation. La place y a gagné en convivialité par la plantation d’arbres, par des trottoirs élargis au revêtement plus agréable et aménagés pour les personnes à mobilité réduite ; ceci au bénéfice des riverains, usagers et commerçants.

LES POINTS NÉGATIFS

Cependant, différentes propositions d’aménagement, introduites par des associations, dont l’ACQU, et qui avaient pour but d’améliorer le fonctionnement de ce carrefour n’ont pas été retenues.

1. La place Vanderkindere est un important nœud de communication ; quatre lignes de trams (3, 4, 7 et 92) y convergent. Nous avions avancé un projet alternatif de regroupement des différents arrêts (la Lettre n°81) ; ce qui aurait eu l’avantage de faciliter et sécuriser les mouvements des nombreux utilisateurs, en particulier ceux qui transitent entre les trams 92, 4 et 7. Ce projet aurait également permis de limiter les abattages de plusieurs arbres rendus nécessaires pour aménager les différents quais.

Ce projet n’a pas été retenu : la STIB et Bruxelles Mobilité ont maintenu les 4 arrêts, aux 4 extrémités de la place ; l’arrêt du 92 direction ville en a même été éloigné.

Pourtant, pendant la durée des travaux, un arrêt provisoire du 92 direction ville avait été aménagé, en face de l’arrêt vers Uccle (à hauteur de la quincaillerie). Cet aménagement provisoire a donné entière satisfaction tant aux riverains qu’aux usagers, qui pouvaient ainsi passer d’une ligne à l’autre, sans devoir traverser tout le carrefour. Ceci démontre à postériori que notre proposition avait du sens et correspondait à une logique de bonne gestion de la localisation des arrêts.

2. Nous avions demandé la fusion des lignes de tram 3 et 7 ; ce qui aurait permis de rationaliser les arrêts de tram sur la place Vanderkindere et supprimer les terminus actuels du rond-point Churchill, critiqués depuis longtemps par la commune, le comité Longchamp- Messidor et l’ACQU. Mais voilà, la STIB, accrochée à ses horaires cadencés et à sa volonté de ne pas modifier ces lignes n’a rien voulu entendre. La situation actuelle perdurera jusqu’en 2021, lorsque la station Albert sera modifiée pour y accueillir la ligne de métro Albert-gare du Nord et le futur terminus du 7.

3. Le marquage au sol de la traversée cyclable de la place dans la prolongation de la rue Vanderkindere semble dépourvu de logique.

4. La demande de l’aménagement d’une piste cyclable avenue Churchill par la suppression d’une des 2 bandes de circulation, comme cela a été fait avec succès avenue Albert a été refusée, au motif que la circulation automobile y serait trop importante. Les responsables politiques, et la Commune en particulier ont raté là l’occasion d’aménager un itinéraire cyclable cohérent, du parc Duden jusqu’au bois de la Cambre.

Dès lors, on se demande quelle est la logique du réaménagement du rond-point Churchill, qui serait réalisé en 2016, et qui prévoit une large piste cyclable, en site propre. Ce réaménagement aurait du sens s’il était raccordé à une piste cyclable sur l’avenue Churchill, mais ce ne sera pas le cas, du moins au stade actuel.

En conclusion, la place Vanderkindere a sans doute gagné en convivialité et en accessibilité pour les piétons ; les traversées de la place par les trams en sont facilitées.

Malheureusement nos responsables politiques, Commune et Région, en sont restés à un aménagement minimal et consensuel, refusant de saisir l’occasion de réaliser un projet volontariste, conçu pour accorder une priorité réelle aux transports en commun, piétons et cyclistes.

François Glorie

1er décembre 2015