Le réaménagement de la place Vanderkindere et de l’avenue Churchil

Article paru dans La Lettre aux Habitants n°82, décembre 2014

QUID APRES L’AVIS RENDU PAR LA COMMISSION DE CONCERTATION ?

La réunion de la commission de concertation du 2 octobre a connu un sérieux rebondissement lorsque a été abordé le projet de réaménagement de la place Vanderkindere, du rond – point Churchill, avec la création d’une troisième voie de tram avenue Churchill. Ce rebondissement de dernière minute modifiait considérablement le projet. En effet, 24 heures avant la réunion, le ministre de la mobilité Pascal Smet a demandé à Bruxelles Mobilité (et par voie de conséquence à la STIB) de retirer le projet de troisième voie avenue Churchill, prévue pour aménager le terminus du tram 7 à cet endroit.

A court terme, cette suppression d’une troisième voie est une bonne nouvelle. Cet aménagement avait été particulièrement critiqué par de nombreux intervenants, en particulier par le comité de quartier Longchamp Messidor ; ils lui reprochaient de venir sérieusement perturber la vie du quartier, de provoquer des embouteillages importants et de défigurer cette partie de l’avenue Churchill.

Pour déplacer ce terminus des trams 3 et 7, le ministre a décidé d’accélérer les travaux d’aménagement de la station Albert ; station qui de toute façon devra ultérieurement être profondément transformée pour y accueillir le métro.

Le type d’aménagement n’a pas encore été défini. Et en tout cas, il ne sera pas opérationnel avant 2019 au plus tôt. On peut raisonnablement penser que ces travaux lourds seront réalisés en fonction de l’accueil du futur métro qui sera prolongé entre la gare du Nord et Schaerbeek. Dans ce cas, les lignes de tram 3, 4 et 51 ne pourront plus continuer leur trajet souterrain jusqu’au Midi et seront définitivement limitées à la station Albert. Fin de partie – hélas – pour les lignes 3 et 4, tellement appréciées pour leur rapidité et leurs fréquences, en direct vers la ville !

Quel avenir sera alors destiné à ces différentes lignes, sachant que la station Albert ne pourra accueillir en souterrain les terminus de 2 lignes ? Sans doute le 3 disparaîtra t-il, et le 7 y aura t-il son terminus. Mais qu’adviendra t-il des 4 et 51 ? Certains ont évoqué la fusion de ces 2 lignes en une seul formant une sorte de diabolo. Nous y reviendrons dans une prochaine Lettre aux Habitants.

Entretemps, on en reste donc au statu quo. La situation actuelle (terminus sur le rond-point Churchill) avait cependant été largement contestée par le comité de quartier Longchamp – Messidor et par la commune d’Uccle, qui est intervenue sur le plan juridique et a remporté son recours au Conseil d’Etat. Depuis lors, le Ministre et la Commune semblent se mettre d’accord sur l’aménagement des terminus des 3 et 7 aux deux extrémités du rond-point de l’avenue Churchill. Dans ce cas, les passagers devraient passer de l’un à l’autre en traversant 5 axes de circulation. Une solution tout aussi inconfortable et qui n’est guère plus satisfaisante pour les usagers.

La solution logique.

La fusion des lignes 3 et 7 que nous avions proposée – et nous n’étions pas les seuls à formuler cette proposition – est une alternative à la fois sans coût financier supplémentaire, et préférable pour les usagers puisqu’elle supprime la nécessité d’aménager un terminus des 3 et 7, où qu’il soit.

Elle a cependant été rejetée par la STIB. Le ministre Pascal Smet s’est d’ailleurs empressé de confirmer ce rejet. L’argument invoqué par la STIB est que la fréquence irrégulière du tram 7, liée à son parcours (notamment la traversée de la place Meiser) et à ses fréquences de passage (toutes les 6 minutes), ne peut s’accorder avec celle des trams 3 et 4 (toutes les 5 minutes).

Curieux argument que nous ne partageons pas : d’une part la STIB a déjà réalisé des aménagements pour mieux régulariser le tracé du 7 (site propre chaussée de Waterloo, rond – point de l’Etoile), et d’autre part une différence de fréquence d’une minute entre les 3, 4 et 7 ne devrait pas être un obstacle insurmontable !

La place Vanderkindere

L’ACQU avait proposé le regroupement des arrêts des trams 3, 4 et 92 pour éviter les traversées de la place dans tous les sens, très dangereuses pour les piétons. Notons avec plaisir que la commission de concertation a retenu cette proposition, sans pour autant émettre d’indications quant à son organisation.

Nous proposions également d’inverser le sens unique du tronçon de la rue Vanderkindere, entre la place Vanderkindere et la rue Marianne, de manière à éviter le croisement de la circulation venant de 3 artères dans le même carrefour, ce qui provoque les encombrements que l’on connait. La commission de concertation, et en particulier la commune d’Uccle, ont rejeté cette proposition, faisant valoir que la spécificité de cette place est d’être la jonction de 3 axes qui se croisent et qu’il faut maintenir la continuité de l’avenue Vanderkindere.

Sous entendu : la Commune veut maintenir l’actuelle circulation automobile sur la place et venant des 3 axes, quitte à y maintenir également les embouteillages récurrents qui s’y produisent ! Et ceci aux dépens du passage des trams, de la sécurité des piétons et cyclistes.

Notre proposition d’aménager l’avenue Churchill en une seule bande de circulation avec une piste cyclable (comme c’est déjà le cas avenue Albert), qui était l’occasion d’enlever à l’avenue son aspect d’autoroute urbaine, a également été rejetée, avec l’argument que la circulation des voitures y est trop importante pour envisager la suppression d’une des deux bandes de circulation.

En conclusion, l’ACQU se félicite de l’abandon de la troisième voie avenue Churchill, et de la prise en considération par la commission de concertation de l’utilité de regrouper les arrêts de trams sur un quai central place Vanderkindere. Par contre, elle regrette les demi-mesures peu courageuses de l’aménagement de l’avenue Churchill et de la rue Vanderkindere, axées sur le maintien de la circulation automobile en offrant une voirie bien adaptée aux automobilistes, et ce aux dépens des piétons, cyclistes et usagers des transports en commun.

Voilà qui est en contradiction avec le plan IRIS 2, par ailleurs approuvé par la commune d’Uccle.

Pour le groupe de travail Mobilité de l’ACQU,
François Glorie

1er décembre 2014