Le dépôt de trams Marconi : une nécessité ?

Article paru dans la Lettre aux habitants n° 64, juin 2010.


Depuis près de 2 ans déjà, la STIB demande un dépôt de trams localisé au sud de Bruxelles, devenu nécessaire pour abriter et entretenir les trams 3000 et 4000 qui circulent sur les lignes 3, 4, 82, 97.

Le choix de la STIB s’est porté sur un terrain, situé essentiellement sur le terroire ucclois, pour une petite partie sur la commune de Forest, et à proximité immédiate d’un quartier d’habitations de Drogenbos. Il est situé entre la rue de Stalle, près du rond-point dit « des menhirs » et de la piscine Némo 33, la chaussée de Ruisbroek et les terrains d’Uccle- Sport.

Il s’agit du terrain appelé « Marconi », actuellement occupé par les anciens bâtiments de l’usine SAIT, abandonnés. Le dépôt empiètera également sur les terrains d’Uccle-Sport, et impliquera une modification du tracé de la promenade verte. Il aura une superficie de 20.000 m2, sur 3,74 ha ; il servira de garage pour 75 trams, et permettra d’en entretenir une quinzaine.

Le projet a suscité - et suscite encore - l’opposition des riverains pour de nombreuses raisons, déjà analysées dans la Lettre aux Habitants N° 60 (avril mai juin 2009) : pollutions sonores, visuelles, acoustiques, vibratoires ; problèmes de stabilité et de pollution des sols, d’imperméabilité et d’inondations ; atteinte à une zone verte et de loisirs ; difficultés prévisibles d’embouteillages lors des sorties et retours des trams.

La commission de concertation de la commune d’Uccle a émis un premier avis le 27 mai 2009. Il était très critique et recommandait vivement une étude d’incidences du site, sur base d’une série de remarques visant à la recherche de la réduction des différentes sources de pollution (murs anti-bruits, dispositifs anti-vibrations, plantations supplémentaires, meilleure récupération des eaux usées et pluviales), et la recherche de sites alternatifs où les nuisances seraient moindres. Le 5 août, l’IBGE a délivré un permis d’environnement, sans obligation de faire préalablement réaliser une étude d’incidences. Des riverains ont été en recours contre ce permis et, le 2 décembre, le Collège d’Environnement l’a annulé.

Le 6 janvier 2010, la STIB a introduit un recours contre cette décision d’annulation. Comme le Gouvernement ne s’est pas prononcé dans les 75 jours, l’annulation est définitive.

En février 2010, la Région bruxelloise a donné son feu vert pour que la STIB dépose un nouveau projet pour la construction du dépôt sur le site Marconi, moyennant les adaptations demandées . On se retrouve donc, sauf erreur, à la case départ.

A ce stade, nous nous abstenons volontairement d’entrer dans le fond du problème : localisation, dimensions et capacité du projet (75 trams), nuisances liées à la proximité d’habitations, atteinte à des espaces verts et à une zone de loisirs... ; il faut en effet voir ce que va proposer la STIB et les conclusions auxquelles arrivera l’étude d’incidences que nous continuerons à exiger. Les habitants de la rue de Stalle subissent des nuisances, surtout sonores, que tout le monde s’accorde à trouver inacceptables ; la STIB doit y remédier sans aucun délai.

Il reste que l’amélioration et l’extension des transports en commun, et en particulier du tram à Uccle, et ailleurs, est un impératif primordial pour assurer le développement de notre commune, de la région bruxelloise, actuellement engluée par un trafic automobile qui croît continuellement et génère les multiples inconvénients bien connus de tous (pollutions diverses, mobilité devenue problématique, gaspillages de temps, d’énergie..)

L’ACQU restera bien sûr attentive à ce problème et agira pour y apporter des propositions constructives.

La Cityvision, déjà présentée dans les “Lettre aux Habitants” n° 62, 63 et dans celle-ci, propose une restructuration du réseau de transports en commun, basée sur un maillage optimal des trams de surface. Mais ces évolutions et améliorations du réseau nécessiteront des infrastructures, qu’il faudra bien placer quelque part. Cela devra se faire en tenant compte des réalités urbaines du site choisi, que ce soit celui de Marconi ou ailleurs.

Alain THIRION et François GLORIE
pour le groupe mobilité de l’ACQU