La réponse de l’Association Protection et Avenir d’Avijl

Article paru dans la Lettre aux habitants n° 60, juin 2009.


Le manque de place ne nous permet pas de répondre en détail à toutes les affirmations de M. COOLS. Nous nous limiterons à quelques commentaires sur les points les plus importants.

  • Le rapport d’incidences environnemental du 20 avril 2006 stipule que « l’élevage de bétail est à proscrire totalement à hauteur de l’ancienne décharge » (p. 78), et qu’« il n’est pas indiqué de construire dans les parages immédiats de l’ancienne décharge. L’aménagement de jardins potagers sur la décharge est vivement déconseillé » (p. 79). Et surtout, il mentionne que « vu la pollution des eaux souterraines par le zinc, le nickel et le toluène au nord-ouest du site et, dans la mesure où cette pollution des eaux souterraines n’est pas parfaitement délimitée, le risque de dispersion par les eaux souterraines ne peut pas être totalement exclu » (p. 65). A chacun de juger si, en ce début de 21e siècle, faire l’impasse sur un risque, même minime, de contamination de la nappe phréatique, dans une des communes les plus riches de l’un des pays les plus riches d’Europe, est une attitude responsable sur le plan sanitaire.
  • Affirmer que le Comité de l’Association Protection et Avenir d’Avijl a été « étroitement associé à l’élaboration du plan » est contraire à la vérité. Après la séance de concertation du 19 avril 2007, qui avait permis - suite, notamment, à l’intervention de M. DE DECKER - de supprimer la percée sur le plateau initialement prévue, nous avons effectivement eu plusieurs réunions avec le Bourgmestre M. DE DECKER, avec M. COOLS et avec plusieurs membres de son administration, et nous avons toujours été courtoisement écoutés. Ecoutés, mais jamais entendus, si ce n’est à la marge. A plusieurs reprises, nous avons pourtant demandé avec insistance à M. COOLS à pouvoir collaborer directement avec le bureau d’architecture BOA (chargé par la Commune de l’élaboration du PPAS), de manière à être effectivement associés à la préparation du plan ; cela nous a toujours été refusé.
  • Affirmer que ce Comité a « informellement marqué son accord sur le projet » est également contraire à la vérité. Le 17 mars 2008, nous avions adressé à M. COOLS un courrier énumérant une série d’observations, insistant notamment sur deux points : « Dépollution et aménagement de la carrière : l’absence d’une prise en compte de la dépollution de la carrière n’est pas acceptable pour les habitants, d’autant plus qu’au regard du coût des implantations projetées, nous sommes persuadés que le coût de sa dépollution et de son aménagement se justifie amplement pour la Commune et pour ses habitants ». « En utilisant à bon escient la zone de parkings et de terrains située entre l’immeuble ETRIMO et la chaussée de Saint-Job (sans pour autant réduire le nombre d’emplacements de parking existants), on pourrait y aménager un ensemble de logements orienté est-ouest en leur évitant tout à la fois le bruit de la chaussée et l’ombre de l’immeuble ETRIMO. Cet aménagement pourrait se faire à un coût raisonnable, tout en résorbant un chancre urbain ». Ces propositions ont été réitérées dans nos courriers adressés à MM. DE DECKER et COOLS le 28 avril 2008, et confirmées par la suite lors de divers entretiens verbaux. En vain. Elles auraient cependant permis la réalisation sur ces deux zones d’un nombre appréciable de logements, réduisant ainsi considérablement l’impact du projet sur les espaces verts du site.
  • Les habitants de la rue Jean Benaets ne demandent pas des emplacements de parking supplémentaires, mais bien une solution pour pouvoir circuler dans leur rue. L’ajout de 70 logements ne fera qu’aggraver la situation. L’extension du parking de la chaussée de Saint-Job servira peut-être les parents des élèves de l’école, mais ne solutionnera pas les problèmes des riverains.
  • « Une politique de la ville porteuse d’avenir doit définir un ordre de priorités (...) Avant de bétonner - même partiellement - un espace vert de plus, il faut mettre en œuvre toutes les autres approches susceptibles d’offrir à chacun un logement adéquat, même au prix d’un effort financier supplémentaire de la collectivité ». Ces lignes, extraites du Livre Blanc publié en avril 2006, gardent toute leur actualité. A Bruxelles, cette politique n’a de sens que si elle est définie à l’échelle de l’agglomération et non séparément à l’échelle de chacune des 19 communes. A cet égard - et sans vouloir polémiquer sur le chiffre de 50 logements vides à Uccle qui nous paraît dérisoire par rapport à la réalité - il faut rappeler que les estimations les plus récentes (www.brusselsstudies.be) dénombrent plus de 15.000 logements vides dans l’agglomération, sans compter 1.500.000 m2 de bureaux vides, potentiellement reconvertibles en logements. Nous avons fait état de ces chiffres lors de la concertation. En vain.

Pour le Bureau de l’Association Protection et Avenir d’Avijl,
Stéphane DAVIDTS, Président
Georges COPINSCHI

juin 2009