La mobilité plus que jamais à l’ordre du jour

L’ACQU ne cesse de plaider pour des plans de mobilité qui privilégient efficacement les moyens de transport et de déplacement autres que la voiture. Nous ne sommes évidemment pas contre la voiture par principe, mais l’augmentation des déplacements motorisés dans notre tissu urbain devient de plus en plus intolérable, d’autant plus qu’elle se fait notamment au détriment de la performance des trams et des bus.

Nos « Lettre aux habitants » explicitent clairement notre point de vue. Une quarantaine d’articles, dont certains sont de véritables dossiers d’analyses et de propositions, ont été écrits ces deux dernières années dans les 8 derniers numéros (n°54 à n°61). Il va sans dire que nous continuerons non seulement à privilégier cette tendance, mais aussi à la développer tant la réalité observée aujourd’hui est inquiétante.

Le dernier avatar concerne le retrait de la demande de permis d’urbanisme (introduite il y a peu par Pascal SMET quand il était encore Ministre de la R.B.C., en accord avec la STIB) pour libérer le tronçon BASCULE de la chaussée de Waterloo (de l’avenue Churchill à l’avenue Legrand, soit moins de 300 m.). Ce retrait - momentané, nous l’espérons - fait suite à une action en justice introduite par l’association des commerçants de la Bascule pour vice de forme et qui a été couronnée de succès ; la performance des trams 23 et 24, lignes stratégiques de la moyenne ceinture, continuera donc à être hypothéquée…

Bien sûr, il faut prévoir une alternative aux 80 emplacements de parking et se préoccuper du problème des livraisons des magasins ; mais des possibilités existent. Nous reviendrons très prochainement sur ce dossier. Il n’en reste pas moins que cette histoire de la Bascule n’est qu’un épisode parmi beaucoup d’autres qui choquent de plus en plus.

Le lobby des commerçants est persuadé que les projets qui privilégient les transports en commun sont de nature à engendrer une perte massive de clientèle. Or, souvenez-vous, chers lecteurs, de l’étude menée en 2000 par le Ministre régional CHABERT et son Secrétaire d’Etat R. DELATHOUWER (plaquette intitulée « Connaissez-vous les habitudes de vos clients ? ») : elle prouvait que la grande majorité des clients viennent en transports en commun ou à pied dans les magasins. Or, les commerçants continuent à croire et à faire croire que leur clientèle ne peut se passer de la voiture individuelle.

Et pourtant, une politique de transports en commun s’impose tant la crise de mobilité, après la crise industrielle, invite à des changements radicaux dans la manière de vivre l’automobile. On finira par comprendre un jour, en espérant évidemment qu’il ne sera pas trop tard, que l’environnement urbain, tel que l’a façonné la voiture, est devenu contre-productif sur le plan économique.

Vous lirez ci-après un résumé significatif du nouveau projet dit de la « CITYVISION », qui s’oppose fondamentalement à celui de la « METROVISION » de la STIB. L’ACQU, via notamment son groupe de travail « Mobilité », étudie sérieusement ce projet prometteur. De nouvelles propositions de lignes de transport en commun à Uccle et dans les communes avoisinantes, intégrées au plan général de la « CITYVISION », sont en cours de discussion et vous seront bientôt communiquées.

Malgré les beaux discours, nous savons que les obstacles économiques et culturels, pour ne pas dire civilisationnels, restent nombreux.Nous continuerons à plaider avec détermination pour que les pouvoirs publics, tant régionaux que communaux, donnent les impulsions qui s’imposent pour favoriser des solutions qui privilégient notre qualité de vie.

En ce qui concerne en particulier notre commune d’Uccle, nous formulons le voeu que notre Collège des Bourgmestre et Echevins s’investira plus clairement et plus fermement dans une politique de mobilité audacieuse à l’instar de celles qui prévalent dans de nombreuses villes européennes. Une révision de fond du Plan Communal de Mobilité, en synergie avec les travaux et la finalité de l’Agenda 21, s’impose. Ne pas s’engager volontairement dans cette voie conduira au chaos.

Bernard JOURET
Président