La mobilité à Uccle et l’Agenda 21 ucclois

Article paru dans la Lettre aux habitants n° 62, décembre 2009.


Le 4 juin dernier, la Commune d’Uccle avait invité les Ucclois à un forum marquant la finalisation de l’Agenda 21 local, plan d’action pour le développement durable à Uccle pour le 21ème siècle…

Le plan d’action de cet agenda 21 a été approuvé par les élus lors du Conseil Communal du 22/10/09.

Il est bon de rappeler que l’Agenda 21 ucclois émane de la « Charte des villes européennes pour la durabilité » adoptée par les 147 pays qui ont participé à la conférence d’Aalborg le 27 mai 1994.

Cette charte met l’accent sur le concept de développement durable, qui doit nous conduire à fonder notre niveau de vie sur le capital que constitue la nature. Elle encourage à construire une justice sociale, des économies durables et un environnement viable.

Elle donne, bien sûr, des priorités :

  1. Investir dans la conservation du capital naturel restant (réserves en eaux souterraines, sols, habitats d’espèces rares) ;
  2. Favoriser la croissance du capital naturel en réduisant notre niveau d’exploitation actuel, par exemple, vis-à-vis des énergies non-renouvelables ;
  3. Soulager les réserves en capital naturel en en constituant de nouvelles (par exemple, sous forme de parcs récréatifs communaux pour alléger la pression sur des forêts naturelles) ;
  4. Accroître le rendement final des produits (bâtiments énergétiquement rationnels, transports urbains respectueux de l’environnement).

Mais elle définit, également, ce que doit être la mobilité durable, en ces termes :

« Nous, villes, nous nous efforcerons d’améliorer notre accessibilité et de maintenir le bien-être social et les modes de vie urbains tout en diminuant le besoin de mobilité.

Nous pensons qu’il est indispensable de réduire la mobilité forcée et l’usage inutile des véhicules motorisés.

Nous donnerons la priorité aux moyens de transports respectueux de l’environnement (notamment la marche, le vélo et les transports publics) et nous placerons, au centre de nos efforts de planification, l’association de ces différents moyens de transport.

Les véhicules privés à moteur circulant en ville doivent avoir progressivement un rôle subsidiaire, à savoir : faciliter l’accès aux services publics et maintenir l’activité économique des territoires urbains ».

Le chapitre de l’Agenda 21 ucclois, relatif à la mobilité, ne semble pas être à la hauteur des ambitions de la Charte d’Aalborg.

Il est repris sous le titre :
« Impliquer les citoyens dans l’accompagnement du PCM et la promotion d’une mobilité douce »

Il donne les grandes lignes de la volonté de changement dans ce domaine. Nous y trouvons les points suivants :

- Créer un comité d’accompagnement du Plan Communal de Mobilité (PCM)
- Veiller à la cohérence de la mise en œuvre du PCMU (PCM Ucclois) et des résultats du bilan carbone
- Poursuivre la politique de placement des parkings à vélos
- Augmenter le nombre de « voiries résidentielles » et de « zones de rencontre » en impliquant les citoyens
- Relayer l’information sur la campagne « J’achète à vélo »
- Encourager les déplacements piétons.

De nombreux quartiers ucclois sont confrontés, depuis plus de dix ans, à une progression constante et anarchique d’un trafic automobile qui les pollue.

Depuis très longtemps, certains Ucclois réclament des mesures draconiennes pour que la vie dans leur quartier ne devienne pas un enfer.

Depuis très longtemps, nous demandons de meilleurs transports en commun, un développement harmonieux de la mobilité douce.

Mais la Commune ne suit pas ou suit avec des pieds de plomb…

Nous demandons, simplement, que cet Agenda 21 ucclois - pour ce qui est de la mobilité durable - « ne reste pas dans les placards ».

Nous demandons que le Plan communal de mobilité soit revu annuellement, comme c’est le cas dans de nombreuses communes bruxelloises.

S’il y a création d’un « comité d’accompagnement du plan communal de mobilité », nous demandons que les problèmes soient envisagés, en priorité, sous l’angle de la Charte d’Aalborg qui met l’accent sur une diminution de la pression automobile, sur un développement de la mobilité douce et des transports en commun.

Ce point sur « la mobilité durable uccloise » nous semble être l’enjeu majeur des années à venir pour Uccle et ses citoyens.

Xavier RETAILLEAU
Administrateur