LE TRAFIC AUTOMOBILE RUE DU REPOS

Article paru dans La Lettre aux Habitants n°78, décembre 2013

Nous recevons, signés par 47 habitants de la rue du Repos, copie de leur MEMORANDUM adressé le 21 novembre 2013 au Collège des Bourgmestre et Echevins pour attirer l’attention sur les nuisances que génère le trafic automobile dans la partie de la rue du Repos qui va du Dieweg à la chaussée de St Job. Trafic de transit intense et rapide qui engendre insécurité et bruit.

Lisez ce MEMORANDUM très clair et vous serez convaincu que leurs doléances sont justifiées et qu’il y a lieu de faire quelque chose, ce que la Commune ne conteste d’ailleurs pas.

A ce document sont joints (mais non reproduits ici par manque de place) les commentaires personnels de nombre des signataires, de même que l’échange de correspondance des 6 dernières années avec l’échevin compétent.

Puisque la vitesse n’est pas respectée dans cette « zone 30 », il faut recourir à d’autres moyens, en les combinant : placer plusieurs casse-vitesse – installer un radar permanent – mettre l’autre section de la rue du Repos en sens unique du Dieweg à l’avenue du Wolvendael, …

Bref, avec un peu d’imagination et de volonté on peut résoudre ce problème !

Pression croissante du trafic de transit + vitesses non contrôlées + voirie cahotique … une situation intenable ! Mémorandum à l’attention des autorités communales, de la part des riverains de la rue du Repos à Uccle

Le pourquoi du présent document :

Monsieur le Bourgmestre, mesdames les Echevines, messieurs les Echevins, chers Concitoyens, Nous sommes tous conscients que la mobilité à Uccle, avec un réseau routier atypique et un trafic automobile sans cesse à la hausse, pose un défi difficile à relever.

Les riverains de la rue du Repos sont de longue date exposés aux impacts négatifs du trafic automobile. En qualité de citoyens raisonnables, ils peuvent reconnaître les difficultés inhérentes à la gestion de la mobilité à Uccle, et apprécient que la rue ait été mise en zone 30 il y a quelques années.

Cependant, face à l’augmentation croissante des nuisances et des risques, et l’inadaptation des réponses de la Commune à leurs doléances de longue date, ces riverains souhaitent aujourd’hui vous soumettre ce memorandum qui fait suite à un petit exercice d’objectivation des problèmes et de mise en commun des observations et plaintes des habitants.

Nous espérons que ce document vous permettra de bien comprendre les problèmes posés, et l’urgence qu’il y a à apporter de réelles solutions.

Une ‘zone 30’ purement théorique…

interdit aux piétons larges !

La signalisation ne suffit pas :

Le panneau ‘zone 30’ placé en haut de la rue a une visibilité insuffisante (plus particulièrement pour les véhicules tournant à droite depuis le Dieweg). Il devrait davantage être positionné vers l’axe de la rue, voire être dédoublé du côté gauche. Quant à l’indicateur lumineux de vitesse, placé pour répondre aux plaintes régulières des habitants, force est de constater que lorsqu’il n’est pas en panne (plusieurs mois de chômage technique durant la seule année écoulée !!), l’absence notoire de verbalisation le rend très peu efficace.

Infractions chroniques de la limitation de vitesse et déni de la situation par la police :

D’après nos comptages de vitesse, seuls 3 à 4 véhicules sur 10 respectent la limitation. Certains poussent le champignon jusqu’à 60km/h en pleine journée ou le soir. Les véhicules communaux, les véhicules de police en circulation de routine, ne respectent pas davantage la limitation de vitesse. Les échanges téléphoniques avec l’agent de la circulation ne sont pas plus concluants, quand nous nous entendons dire que dans notre rue, les voitures ne roulent « pas si vite que ça »… (une nouvelle notion légale ?!?)

...avec un risque de sécurité routière aggravé :

Le non-respect chronique de la zone 30 est incompatible sur le plan de la sécurité routière avec un seul trottoir praticable sur toute la longueur de la rue, dont la largeur n’estmême pas réglementaire (1.10m contre 1.50mpour la largeurminimale imposée par le Règlement Régional d’Urbanisme). Le cas de figure est exceptionnel en Région Bruxelloise : un trottoir trop étroit, bordé sur 300 m d’un très haut mur et avec la proximité directe d’un trafic de transit soutenu.

Certains véhicules encombrants n’hésitent pas à dévaler la rue avec deux roues sur ledit trottoir (alors que techniquement, ils ont assez de place sur la chaussée !) profitant d’une hauteur de bordure trop réduite (9 cm) On n’ose imaginer la confrontation avec une poussette…

…laquelle poussette, aura de toutes façons les plus grandes difficultés à s’engager sur le trottoir là où un garde-corps a récemment été installé par la commune, forçant toute personne avec buggy ou autre volume encombrant, à s’égarer sur la chaussée pour braver les véhicules qui descendent à vive allure.

Quant à traverser la rue aux heures de pointe pour rejoindre l’unique trottoir continu, c’est un exercice périlleux pour les habitants qui tentent d’aller prendre un tram, un bus ou un train (car tous les Ucclois ne se déplacent pas exclusivement en voiture !). Il en va de même pour remonter à vélo le Sens Unique Limité…

Au final, une situation pour les piétons qui est à des années-lumière des règles fixées, en décembre 2012, par le « Plan Piéton Stratégique » de la Région de Bruxelles-Capitale et appelle une réaction énergique.

Un trafic de transit excessif, aggravé par les incessantes déviations :

En situation normale et sans déviation : entre 300 et 400 voitures/heure dévalent notre rue aux heures les plus chargées (matin avant 9h00 et après-midi après 16h00). Cette valeur est doublée en cas de déviation (un événement des plus courants). Le trafic journalier est estimé à environ 2.500 voitures et il faut noter que nous avons également des autocars (Lycée Français), des camions de tous types, des engins de chantier, etc.

Une déviation de longue durée, faisant passer dans notre rue tout le charroi du Dieweg durant trois mois d’affilée (!) a attiré sur ce tronçon de rue une clientèle d’habitués considérant désormais la rue du Repos comme une extension naturelle du Dieweg… à 50km/h.

Tout ceci dans les conditions de sécurité décrites plus haut…

Des nuisances sonores intolérables :

La voirie a été réaménagée en 1995. Les pavés ont été imposés à l’époque pour des questions esthétiques et patrimoniales.Mais, pour faire des économies, ses fondations n’ont pas été bien stabilisées : la chaussée s’est assez rapidement déformée, pour offrir aujourd’hui tout un assortiment de pavés désalignés, nids-de poules et relief ‘en dos d’âne’. (Pour éviter les déformations de la chaussée, certains véhicules n’hésitent pas à se déporter carrément sur le trottoir de droite en descendant, au péril des piétons utilisant le trottoir). Face aux plaintes des riverains (bruit excessif), la Commune a procédé à un « schlamage » en 2008. Une opération à la durée de vie limitée et qui est totalement partie en pièce ce dernier hiver : outre les innombrables gravillons auxquels nous avons eu droit des mois durant, nous sommes à présent revenus à la case départ…

Un « instantané sonore » édifiant en dit long :

Conclusion implacable : intensité du trafic, excès de vitesse et pavés se combinent pour produire des émissions sonores inacceptables pour une rue à caractère résidentiel. D’autant que le bruit est réfléchi par l’imposant mur du cimetière.

Des réponses (ou une absence de réponse) inadaptées

Depuis 15 ans, sous la pression de multiples demandes des riverains, la Commune a tenté d’apporter des solutions. Leur caractère minimaliste (un afficheur de vitesse souvent hors service) ou provisoire (pour rappel, un « schlamage » de la chaussée qui a été efficace un temps contre le bruit mais a vite disparu) n’apportent cependant pas de solution réelle et n’ont en rien influencé favorablement les conditions de sécurité. Faute d’un respect strict de la mesure de limitation à 30 km/h, tous les problèmes évoqués ci-dessus demeurent - et s’aggravent avec l’augmentation du charroi et l’évolution du parc automobile (voitures plus lourdes et plus larges).

Nous regrettons que la Commune ait refusé jusqu’à présent la mise en œuvre d’interventions plus efficaces et contestons la pertinence des arguments avancés jusqu’ici :

• la réglementation ne permettrait pas paraît-il d’installer des dispositifs ralentisseurs dans la rue car… elle est trop pentue. Or, de tels dispositifs ont été placés dans d’autres rues du quartier ou proches (Hankar, Château d’eau, Zeecrabbe…)… tout aussi pentues que la rue du Repos ;

• il a été parfois répondu que les vibrations émises par des ralentisseurs de vitesse seraient préjudiciables à la tenue du mur d’enceinte. Nous vous laissons imaginer quelles trépidations et vibrations sont engendrées par 2.500 véhicules par jour dont autobus, camions et engins de chantier sur une voirie totalement déformée, le tout à des vitesses non adaptées (irrespect chronique de la limitation à 30 km/h).

• pour mémoire, le Plan Communal de Mobilité (adopté en 2006) prévoyait de placer la rue du Repos « en circulation locale ».Mais, si la Commune a mis ce type de mesure en oeuvre du côté du Fort Jaco, elle y a apparemment renoncé ailleurs… ;

• l’administration du patrimoine a jadis imposé l’utilisation de pavés. Mais c’était il y a 20 ans et la voirie d’aujourd’hui n’a de toute façon plus rien à voir sur le plan historique avec le chemin creux de jadis. En quoi ces pavés (non historiques) valorisent-ils l’enceinte latérale du cimetière, alors qu’il n’y en a pas à l’entrée même de celui-ci ? Nous remarquons par ailleurs, que la Commune n’a eu aucune difficulté à faire approuver le réaménagement de la zone de parking à l’entrée du cimetière classé, alors que ce réaménagement altèrera profondément l’aspect typique de l’entrée du cimetière avec ses arbres sur terre-plein. Comment expliquer dès lors, une application des exigences de préservation patrimoniale à géométrie variable ? Entre la sécurité fondamentale et journalière du citoyen et des considérations « patrimoniales » de second rang, il ne devrait pas être difficile de faire un choix.

Pas de réponse satisfaisante en somme alors que tous les autres paramètres vont, depuis 15 ans, dans le rouge :

• il y a de plus en plus de trafic ;

• il y a de plus en plus d’habitants, et de nombreux jeunes enfants dans la rue ;

• les déviations de la circulation sont devenues chroniques dans le quartier ; que ce soit en raison du saucissonnage des chantiers (Carsoel, St-Job) ou pour un rien, la rue est devenue au cours du temps une des artères de délestage favorites… ;

• les modèles de voitures sont de plus en plus volumineux et larges. Ces 30 dernières années, la largeur moyenne des automobiles est passée de 1,65 m à 1,8 m. Sans parler des nombreux SUV et autres 4x4 qui renforcent bien évidemment l’agressivité du trafic et les risques encourus par les piétons  ;

• le respect de la vitesse maximale autorisée (30 km/h) est laissé à l’appréciation et l’humeur de chacun. Faute de contrôles répressifs et de dispositifs ralentisseurs, une certaine impunité s’est instaurée aux yeux du plus grand nombre… ;

• les piétons sont de plus en plus nombreux. Outre les nombreux élèves du Lycée Français qui utilisent la rue du Repos, il y a beaucoup d’habitants du quartier qui ont découvert ou redécouvert les vertus de la marche à pied.

Vers une nouvelle piste ?

Les réglementations sont souvent invoquées pour justifier l’absence d’interventions rue du Repos. Pourtant, elles évoluent et offrent de nouvelles perspectives. C’est ainsi qu’une nouvelle circulaire régionale relative aux zones résidentielles et aux zones de rencontre est entrée en vigueur depuis ce 4 octobre 2013.

Il y est notamment dit que : « Sur le terrain, certaines voiries aménagées avec une séparation en trottoir et en chaussée, peuvent, dans leur aménagement actuel, également prétendre au statut de zone résidentielle ou de rencontre. C’est notamment le cas de voiries dont les trottoirs ne sont pas praticables par tous les piétons ou assimilés, notamment du fait de leur largeur de trottoir très insuffisante dans l’absolu ou par rapport au flux piéton ». Une zone résidentielle ne doit donc plus nécessairement être aménagée de plain-pied.

Rien n’empêche désormais que, comme dans le cas de la Montagne de St-Job, la rue du Repos bénéficie du statut de zone résidentielle.

Une telle option offrirait bien des avantages : • une vitesse réglementaire maximale abaissée à 20 km/h ;

• la priorité aux piétons et aux cyclistes sur les véhicules motorisés (cf. code de la route) ;

• une mise en conformité par rapport à des trottoirs beaucoup trop étroits ou incomplets ;

• la possibilité d’équiper la voirie de dispositifs légers (jardinières, barrières, potelets, etc.) utiles à la protection des usagers faibles et pour canaliser les trajectoires (à organiser de manière non rectilignes) des véhicules motorisés ;

• il ne serait plus nécessaire de modifier (ou traiter) le revêtement de chaussée extrêmement bruyant ; les pavés pourraient être maintenus, car à une vitesse très réduite ils ne présenteraient plus d’incommodités  ;

• un aménagement dans l’esprit de ce qui a été prévu dans le Plan Communal de Mobilité (adopté en 2006), lequel prévoyait de placer la rue du Repos « en circulation locale » ;

En outre, cette nouvelle disposition réglementaire présente le grand avantage de pouvoir être aisément testée sur le terrain, sans engager de gros frais à la Commune. Quelques panneaux de signalisation, quelques jardinières, barrières et potelets suffisent désormais pour installer une zone résidentielle et en tester l’efficacité. Un test qui en outre cadrerait parfaitement avec le levier 4.8 du Plan Piéton Stratégique de la Région de Bruxelles-Capitale (intitulé «  vison zéro en ce qui concerne la sécurité des piétons  »), lequel préconise justement le test de solutions innovantes.

En conclusions

Compte tenu de l’historique des courriers entre les riverains et les autorités communales, celles-ci ne sauraient ignorer la situation difficile qu’ont à subir les résidents et usagers faibles dans la rue du Repos, et ce depuis de très nombreuses années.

Alors que certaines artères uccloises ont jadis bénéficié de mesures de protection drastiques (cf. l’avenue de la Chênaie, le pendant de la rue du Repos sur l’autre versant de la rue du Repos, mise en impasse il y a une vingtaine d’années) et alors que nous voyons des opérations de contrôle répressif des vitesses effectuées dans d’autres rues, disposant déjà de plateaux ralentisseurs2, nous sommes surpris de l’immobilisme de la Commune en ce qui concerne l’analyse de la situation et la recherche de solutions dans notre rue.

Par le présent Mémorandum, nous revendiquons auprès de la Commune :

• l’impérative nécessité, pour d’évidents motifs de sécurité et de configuration atypique des lieux, d’empêcher tout excès de vitesse à la rue du Repos ;

• le test d’un aménagement de la rue en zone résidentielle, tel qu’il est désormais rendu possible par la circulaire régionale du 9/9/2013 relative aux zones résidentielles et aux zones de rencontre. A défaut d’un test concluant de l’aménagement en zone résidentielle :

• l’aménagement de dispositifs physiques (ralentisseurs), seule solution à même de garantir un strict respect de la limite à 30 km/h, 7 jours sur 7 et 24 h sur 24 ;

• un séquençage optimisé de ralentisseurs, tous les 70 mètres (norme IBSR), suivant des réalisations éprouvées en d’autres rues de la commune (dispositifs ralentisseurs sinusoïdaux, efficaces tout en évitant les à coup des véhicules et encadrés, le cas échéant, de jardinières) ;

• une action de la Commune dès le court terme, possible du fait que les interventions les plus urgentes n’ont qu’un caractère ponctuel, des implications budgétaires réduites et ne nécessitent pas de permis d’urbanisme ;

• la définition d’une solution plus globale, couplée au futur réaménagement du carrefour St-Job – Chênaie – Repos, visant au remplacement du revêtement pavé de la chaussée (trop bruyant) par un revêtement asphaltique et visant à améliorer les conditions de déplacements des piétons et cyclistes (afin que celles-ci soient davantage en phase avec les normes imposées par le Règlement Régional d’Urbanisme).

Nous sommes naturellement à la disposition des édiles et des services techniques pour vous faire état oralement et in situ des problèmes rencontrés.

1er décembre 2013