LE SITE « COBA-PAUWELS » : UNE ZONE SEMI-NATURELLE, SAUVAGE ET MATURE.

La zone boisée « Coba Pauwels », située en lisière du Keyenbempt (zone verte protégée), offre dans son état actuel un intérêt exceptionnel et rare sur la Commune : Sa surface boisée est dense, d’origine semi-naturelle et restée inviolée depuis plus d’un demi siècle. Le terrain est situé dans la continuité directe du maillage vert et jouxte la zone Natura 2000 du Kinsendael/Kriekenput.

Aujourd’hui le site est menacé : la SLRB y projette la construction d’un ensemble de 87 logements et 65 emplacements de parking (architecte Blondel).

Ci-dessus : Uccle Chaussée d’Alsemberg entre la gare de Calevoet et la plaine du Bourdon. A gauche : le site "Coba-Pauwels" (octobre 2010).

Le site n’a jamais été construit. Il constituait jadis (ca. 1920) un ensemble de jardins privés qui sont progressivement retourné à l’état sauvage. Grâce au barrage que forme la bute et la chaussée et grâce à son abandon, la zone est devenue inaccessible au public.

Cette végétation mature, sauvage et non fréquentée constitue un lieu de retraite idéal pour une faune qui en a largement besoin : renards, écureuils roux, rapaces, batraciens, rongeurs, nombreuses espèces d’oiseaux et de chauve-souris, etc... On y retrouverait même peut-être la présence du Lucane Cerf-volant. En tout cas cet insecte a été observé dans le quartier.

Le site "Coba-Pauwels" fait partie intégrante de l’équilibre écologique qui s’est établi au sein d’un vaste zone verte dont le périmètre dépasse largement la seule zone protégée. Au sein du Keyenbempt, cette bande de terrain le long de la chaussée d’Alsemberg constitue un des réservoirs écologiques boisés parmi les plus anciens. Le biotope y a profité de décennies pour se stabiliser. Une photo ancienne (années ‘60) montre clairement que le Keyenbempt n’était encore constitué que de prairies lorsque ce terrain était déjà boisé.

  • Parmi les 48 mammifères identifiées en Région Bruxelloise (ce qui est unique pour un centre urbain tel que le nôtre !) trente-six espèces sont menacées. La dégradation et la fragmentation de l’habitat (telle qu’engagée au Keyenbempt par la volonté actuelle d’urbanisation) sont l’une des principales raisons de cette situation.
  • Sa complémentarité à la réserve du Keyembenpt est d’autant plus pertinente que le terrain est inaccessible au public. Ce bois offre en effet un refuge beaucoup plus sûr, pour la faune du coin, que la réserve du Keyembenpt, qui est largement fréquentée par le public. Le talus est donc devenu un ultime refuge pour bon nombre d’animaux de la réserve, les jours d’affluence (belle journée de WE).
  • Les espaces sauvages et mature constituent des retraites idéales pour la faune dans le sens où elle y trouve une variété d’habitat et de nourriture sans comparaison. Les arbres morts par exemple y servent d’habitat aux chauves-souris sylvicoles. Nombreuses sont les espèces d’oiseaux qui nichent également dans des vieux troncs. Sur environ 100 espèces d’oiseaux nicheurs à Bruxelles, 38 espèces seraient clairement en danger notamment du fait de l’abattage des vieux arbres. Cette bande de terrain constitue en quelque sorte une zone à haute valeur biologique mais non officiellement reconnue. Elle répond en effet largement aux critères définis par l’IBGE-Bruxelles-Environnement : « certaines zones sont essentielles pour la conservation de la biodiversité. Ces zones, dites « sites de haute valeur biologique », présentent une végétation à caractère rare et/ou mature ou une végétation variée. Elles constituent les fondements du réseau écologique urbain, nécessaires au développement d’une faune diversifiée.

Le terrain devrait ainsi être destiné, tel que le conseil le PRAS, « à la conservation et à la régénération du milieu naturel de haute valeur biologique en ce qu’il abrite des espèces animales et végétales rares ou qu’il présente une diversité biologique importante » Il est tout à fait regrettable que ce soit la Région qui impose un projet urbanistique sur un terrain qui, en plus lui appartient, et que ce soit aux habitants de la Commune de s’y opposer, alors que la Région est citée en recours pour sauvegarder les dernières parcelles vertes par des asbl comme Bruxelles-Nature (dans leur Mémorandum du printemps 2008).

Il serait donc « naturel » de conserver cet espace dans le cadre du suivi des projets d’aménagement des zones protégées contigües , au lieu de travailler à l’effritement de la zone verte.

19 juillet 2011