L’abattage du Sequoia centenaire de la rue Copernic.

Ceux qui prenaient régulièrement la rue Copernic dans la descente vers la place St Job n’auront pas manqué de repérer au 91 de la rue un arbre d’une splendeur peu égalée. Ce Sequoia géant avait plus de 100 ans, faisait 4m50 de circonférence et avait près de 30 mètre de haut. Sa forme conique, toujours verte, qui s’élançait vers le ciel, dépassant de loin tous ses congénères, suscitait l’admiration des passants. Il faisait aussi la joie et même la fierté de son ancien propriétaire.

Le 19 août 2013 cet arbre majestueux a été abattu avec autorisation de la commune d’Uccle. Pour une raison inexpliquée, il n’était pas encore inventorié dans le registre des arbres remarquables de la région de Bruxelles Capitale lorsque le permis d’abbatage fut octroyé en septembre 2012. Ce n’est qu’en octobre de la même année, suite à une initiative du voisinage qui avait remarqué que la propriété du 91 avait été vendue, que l’administration régionale était venue constater la valeur du spécimen. Le 27 novembre 2012 l’arbre était enfin repris dans l’inventaire (voir :www.arbres-inventaire.irisne...), hélas légalement deux mois trop tard par rapport à l’octroi du permis.

Le contexte a par ailleurs choqué légitimement les riverains. Premièrement il semblerait que la demande d’abattage fut faite selon un argumentaire trompeur dans le chef des nouveaux propriétaires, à savoir que les racines de l’arbre constituaient une supposée menace pour la stabilité de la maison alors qu’en réalité ils en prévoyaient la démolition ! Tout simplement l’arbre gênait leur projet de reconstruction. La deuxième raison tient dans l’apparente légèreté du Service Vert. Comment est-il en effet possible qu’un tel service de qualité ait pu valider une pareille demande de permis alors que tout botaniste est censé savoir qu’un séquoia développe un réseau racinaire pivotant (les racines s’enfuissent profondément et verticalement dans le sol) et non pas traçant. D’ailleurs, aux dires des anciens propriétaires, l’arbre n’a jamais représenté de problème pour les fondations de la maison. Notons que celle-ci fut construite dans les années ‘50 en fonction de cet arbre alors déjà imposant. Enfin il est également regrettable qu’il y eut dans ce dossier un manque de coordination entre le Service Vert et celui de l’Urbanisme, pourtant tous les deux concernés par le devenir de cette parcelle.

A ce titre d’ailleurs ce dossier malheureux soulève la question plus globale du contrôle administratif à savoir : • le contrôle du bienfondé et de la motivation des demandes de permis ; • le contrôle des chantiers de construction afin de s’assurer qu’ils respectent les conditions des permis tels que délivrés.

Ce travail, qui implique généralement la nécessité de se rendre sur place, demande un investissement certain. Or les fonctionnaires semblent être en sous-effectif et ne seraient donc en mesure de se déplacer qu’en cas de demande ou de problème spécifique.

Il s’agit comme on dit d’un « cas d’école » dont il faut tirer les enseignements afin qu’il ne puisse plus se reproduire. Oserions espérer que suite à ce cas malheureux, la commune d’Uccle élabore un règlement communal requérant un permis de d’abattage spécifique pour la coupe de tout arbre de plus de trente ans, comme cela se fait en d’autres régions ? Un tel règlement pourrait imposer une enquête publique préalable et l’expertise d’un dendrologue compétent agréé par la Commune et/ou la Région.

24 septembre 2013