Focus sur quartiers : COMITÉ DE QUARTIER VALLÉE DU LINKEBEEK

Article paru dans la Lettre aux Habitants n°75, mars 2013.


Suite à une proposition du conseil d’administra-tion de l’ACQU, la Lettre aux habitants ré-servera désormais chaque trimestre, à par-tir de ce numéro, ses trois dernières pages à un de ses comités membres (comité effectif). L’objectif est d’offrir aux différents quartiers ucclois une visibilité supplémentaire en de-hors des limites de leur périmètre, de faire con-naitre aux autres ucclois la portée de leurs actions.

Aussi, avons-nous le privilège d’accueillir en avant-première dans ce numéro le Comité de quartier Vallée du Linkebeek. Que les comités qui dé-sirent s’afficher dans un de nos prochains numé-ros, n’hésitent pas à se manifester auprès de l’ACQU !

AUX CONFINS DE LA RÉGION BRUXELLOISE...

Le Comité de quartier Vallée du Linkebeek est une association de fait, membre depuis longue date de l’ACQU. Depuis une trentaine d’années déjà, ce comité fait en-tendre sa voix pour pré-server le caractère convi-vial d’un quartier situé aux confins de la limite régionale bruxelloise, là où Uccle côtoie Linkebeek, Beersel et Drogenbos.

La topographie du quartier est fortement marquée par la présence du Linkebeek. Ce cours d’eau qui s’appelle d’abord Verrewinkelbeek, s’écoule en contre-bas du Bois de Buysdelle, puis de la « ferme saint-Eloi » et du « Moulin rose ». Il reçoit les eaux du Wijnbronnenbeek, du Jezuitenbeek et du Koekoekbeek, remplit l’étang de pêche communal de la rue de Linkebeek et puis reçoit encore les eaux des sources au Bronnendael. Le ruisseau atteint enfin le Nieuwbauwmolen (moulin Crockaert), bâtiment classé par la Région bruxelloise. Après être passé sous la chaussée d’Alsemberg, ses eaux se jettent dans

une canalisation qui rejoint la Senne. Son ancien lit rejoignait le Geleytsbeek à la hauteur du Keyenbempt. Le quartier compte environ 300 maisons, résultat d’un développement li-mité au cours du XXème siècle. Son éloignement du centre d’Uccle, le caractère étroit de ses rues lui ont permis d’être longtemps à l’abri de grands projets immobiliers, même si quelques grands travaux ont malgré tout déjà modifié son image.

Image ci-dessus : le nom de Calevoet est historiquement lié au quartier de la Vallée du Linkebeek. Ce nom s’est néanmoins déplacé lorsque la gare, implantée plus haut sur la chaussée d’Alsemberg, fut baptisée « Uccle Calevoet ».Une chapelle médiévale constituait le centre de cet ancien hameau du « Fond de Calevoet ».

CONVIVIALITÉ

De nos jours encore, les habitants se connaissent dans le quartier. Dans tous les dossiers qu’il porte, le Comité s’est particulièrement attaché à défendre cet esprit de convivialité.

Jusqu’à la fin des années ’90, la cheville ouvrière du comité fut Emile TOUSSAINT. Grâce à sa ténacité, il fit en sorte que le Plan particulier d’affectation du sol (PPAS) en projet depuis les années ‘80 ne transforme pas radicalement le quartier en une banale zone résidentielle traversée par de larges avenues rectilignes. C’est lui aussi qui oeuvra obstinément au classement du marais du Moensberg (le Grootdaal).

La relève s’est ensuite engagée dans d’autres combats : limiter le trafic automobile de transit devenu de plus en plus envahissant, s’assurer de la préservation et de la bonne gestion des espaces verts du quartier (telle que la plaine humide du Molensteen) du ruisseau et de ses pièces d’eau attenantes ainsi que d’encourager une bonne intégration des nouvelles demandes de permis d’urbanisme dans le quartier.

Aujourd’hui les défis restent importants. Dans le cadre de ses ac-tions futures le comité continuera à en appeler à l’esprit de solidarité qui a marqué tous ses combats passés. Il importe de garder cette volonté de dépasser son "petit" cadre de vie.

Cliquez sur l’image ci-dessus pour l’agrandir.

PARTICIPATION

Au vu des nombreux défis que doit affronter le quartier, le comité a choisi de prendre les devants et de travailler en collaboration avec les pouvoirs publics sur plusieurs fronts. En matière de mobilité, les représentants du Comité ont régulière-ment rencontré l’échevin Marc COOLS pour évoquer avec lui l’impact des différents projets. Un dialogue constructif a ainsi été établi. L’échevin a suggéré que le Comité lui présente des propositions selon un consensus le plus large possible des habitants. Les représentants du Comité ont ainsi élaboré une série de recommandations qui globalement privilégie la sécurité des usagers et limitent le trafic de transit. Ce parti pris induit inévitablement quelques contraintes de déplacements automobiles pour certains riverains, mais il s’agit avant tout de préserver le maintien des liens sociaux entre les habitants.

GESTION DE L’EAU

Suite aux inondations de 2011 et 2012 qui ont marqué tout le « Fond de Calevoet », le Comité est intervenu auprès de la Région Bruxelloise, de l’IBGE et de la Commune pour rechercher les solutions qui pourraient éviter la répétition de ces catastrophes : assurer la gestion du Maris de Grootdaal (privé mais classé Natura 2000), permettre à l’étang de pêche communal de jouer un rôle tampon en cas d’orage, nettoyer les bief du moulin (prévu en 2013 !), prolonger le Linkebeek au moins sur la Plaine du Molensteen (étude en cours à l’IBGE).

Le dernier dossier suivi par le Comité a pour objet l’étang de pêche communal. Après avoir dénoncé et empêché sa vente à des fins spéculatives, le comité fait maintenant pression pour que cet espace soit à nouveau accessible au public et soit géré selon des principes écologiques.

3 juillet 2013