ÉDITORIAL : VERS UNE MOBILITÉ DURABLE ?

Article paru dans la Lettre aux Habitants n°72, juin 2012.

Ce 1er juin, l’ACQU a lancé la campagne électorale des prochaines élections communales en plaçant la mobilité au centre des débats !

Ce 1er juin, en la Maison des Arts, l’ACQU avait invité les 6 principales formations politiques uccloises à envoyer un représentant pour expliquer comment - s’ils sont élus lors du prochain scrutin communal d’octobre 2012 - ils comptent résoudre les problèmes liés à la mobilité dans notre Commune.

En introduisant les débats (devant une soixantaine de personnes), Alain Thirion a rappelé l’engagement pris au niveau de la Région bruxelloise de réduire de 20%le trafic automobile en 2020 par rapport à 1999. Cet objectif découle d’une obligation imposée par l’Union Européenne de réduire l’émission des gaz à effet de serre, lesquels proviennent en grande partie des voitures. Ce n’est pas un souhait, c’est une obligation.

Si aucun des 6 intervenants (CdH - PS – MR – Ecolo – Open VLD – FDF) n’a contesté ceci, l’accent a surtout été mis sur les transports en commun (le métro) et sur le RER. Certes, d’autres aménagements et de petites améliorations ont été suggérés ici et là, mais en fin de compte, rien n’a été dit pour changer fondamentalement les données. L’impression qui se dégageait, et qui a été avouée par certains, peut se résumer ainsi : “Faisons en sorte de ne pas aggraver la situation.”

Quand on sait que le trafic automobile croît chaque année et que la réponse quasi-unanime des intervenants est encore et toujours de “favoriser la fluidité du trafic automobile”, on a le sentiment qu’à Uccle, on fera encore longtemps du surplace. Au propre, comme au figuré...

Les 5 questions (posées à l’avance) permettaient pourtant aux intervenants de se montrer novateur et de se démarquer du discours convenu : la sécurité des piétons et l’espace dévolu à la voiture dans les quartiers résidentiels – le tram 51 chaussée d’Alsemberg – les liaisons par tram avec le centre ville – le désenclavement du quartier Bourdon Calevoet - l’éventuelle réévaluation du Plan ucclois de mobilité.

Même si les 6 intervenants ne s’exprimaient pas d’une même voix et ont avancé des propositions intéressantes, on est souvent resté dans un consensus un peu mou : oui, il faut faire quelque chose, mais c’est compliqué, et puis Uccle ne décide pas toute seule, et il faut tenir compte des réalités, et n’oubliez pas que ce qu’on a déjà fait n’est pas négligeable et qu’on poursuivra, etc …, etc…

Si peu de remise en cause de notre conception des déplacements urbains ! Pas pour le plaisir de casser la voiture (nous en avons tous besoin), mais parce qu’il est nécessaire de se remettre en question. Au lieu d’entendre : “Nous allons tâcher d’améliorer ce qui existe, de faire en sorte que la circulation reste la plus fluide possible”, ou “Pour le tram 51, il n’y a pas vraiment de solution…“, on aurait préféré entendre un large plaidoyer pour une autre conception de la ville dans laquelle les déplacements n’ont lieu en voiture individuelle que quand c’est inévitable, que la voiture n’est pas toujours une nécessité, que le réflexe 1er doit devenir le recours aux transports en commun, au vélo, à la marche…

Comme l’a dit le modérateur de la soirée, Michel Hubert (FUSL), d’autres grandes villes ont réussi à restreindre très fort l’usage de la voiture individuelle et même parfois à la bannir dans certaines zones. Pour le plus grand bonheur des habitants qui (re)trouvent la convivialité, la sécurité, la sérénité, un air plus respirable… Et ces villes n’ont pas sombré pour autant dans le marasme économique que prophétisaient certains.

Chers lecteurs, nous vous invitons à lire la brochure ci-jointe « Uccle 2012 – 2018. Vers une mobilité durable », qui a servi à préparer ce débat et qui donne notre vision des différentes facettes de la mobilité dans notre Commune pour les années à venir. Dans le prochain numéro, nous reviendrons de manière plus détaillée sur les positions de chaque parti.