DOSSIER METRO

EN GUISE D’INTRODUCTION

Note parue en introduction à La Lettre aux Habitants n°89, septembre 2016

DOSSIER METRO

En guise d’introduction

Notre LETTRE n° 64 de juin 2010 contenait un très intéressant échange de points de vue sur l’extension éventuelle du métro ;

ce qu’on écrivait il y a 6 ans est encore toujours d’actualité. Relisez (www.acqu.be « Lettre aux habitants » – archives – Lettre 64) l’article de Alain Flausch, administrateur et directeur général de la STIB « Quelles ambitions pour le transport public à Bruxelles ? », la réplique d’un expert en la matière, Michel Hubert, professeur FUSL, sous le titre « Forcer le débat », et encore l’avis de la Plateforme SMoB : « La mobilité à Bruxelles – Où en sommes-nous ? »

Le métro bruxellois a été inauguré en septembre 1976, il y a donc 40 ans. L’ACQU a estimé intéressant de rouvrir la réflexion sur la pertinence de son extension à un moment où on en reparle beaucoup. Et pourquoi pas, sur un sujet si complexe et controversé, en ouvrant de nouveau ses colonnes à diverses opinions ? Nul n’a la vérité ! Un prochain numéro pourrait contenir des répliques.

Si on reprend le cheminement de l’ACQU tel qu’il résulte de sa Charte, on constate déjà des variations entre sa position à la fin des années 70, en février 1991 et dans l’actuelle version de mars 2002 qui révèle « sa nette réticence à propos d’éventuelles extensions du métro, lesquelles, vu leur coût prohibitif au km de ligne, hypothéquerait pour longtemps les investissements indispensables et urgents, à consacrer au réseau des transports de surface. »

Le fait est qu’un même problème ne peut s’appréhender de la même manière au fil du temps car le contexte est changeant : quand on a de l’argent tout est facile (avec le risque d’en arriver à des autoroutes urbaines ou à une bruxellisation), quand le parc automobile est réduit, on ne réagit pas comme s’il y avait saturation (bien que, en politique, on doive voir à long terme et que la sursaturation actuelle était prévisible il y a déjà longtemps). Il y a aussi un changement dans les mentalités : du slogan « ma voiture, c’est ma liberté », on est aujourd’hui à « fini le tout à la voiture » (en considérant que la formule s’applique au voisin « car moi, Monsieur, je ne puis me passer de voiture ! ») Il en résulte un changement dans les comportements : pour des raisons idéologiques parfois, mais surtout par nécessité quand on constate qu’en voiture on n’avance plus.

Actuellement, que l’on soit pour ou contre l’extension du métro, il y a comme fil conducteur la conviction que ce sont les transports en commun, et bien sûr la mobilité douce (la marche – le cyclisme), qui sont l’avenir et qu’il faut privilégier. Même ceux qui s’opposent à l’extension sont pour les transports en commun ; c’est si évident qu’ils n’ont même pas songé à l’écrire noir sur blanc !

Oui, à priori un métro est merveilleux, on le voit dans d’autres capitales, cela facilite des déplacements, c’est bon pour l’économie, mais a-t-on encore l’argent nécessaire ? Argent qui ne pourra servir à des fins sociales alors qu’il y a de plus en plus de pauvreté, à des fins culturelles alors qu’on asphyxie déjà ce secteur qui est littéralement vital …

Par ailleurs, la rentabilité ne peut être négligée ; certes, il ne s’agit pas de gagner de l’argent, mais il ne faudrait en perdre année après année par manque d’utilisateurs, ni même dépenser 2 milliards d’euros pour avoir une toute petite amélioration. Or, si le métro dessert Uccle, où va-t-il aller pour drainer suffisamment de monde ?

Une option qui hier était impensable mais qu’on admet de plus en plus est de mettre les trams et bus en site propre, là où c’est possible ; cela ne coûte guère et tout le monde y gagne … sauf les automobilistes !

Bref, dans ce débat METROVISION / CITYVISION, c’est maintenant qu’il faut avoir une vision des transports que nous voulons ; pas demain.

D.R.

12 octobre 2016