CONCLUSION : ET L’EAU SE RÉCONCILIERA AVEC LA VILLE.

Nous encourageons par conséquent la commune d’Uccle à avoir une attitude proactive en matière de gestion des eaux pluviales et à établir des règlements contraignants pour faire en sorte que toute nouvelle construction ne puisse provoquer de rejets d’eau supplémentaires et imposer que toutes les eaux pluviales soient dispersées sur place, de préférence par infiltration. Cette mesure contraignante est la seule qui puisse s’opposer à l’augmentation des effets liés à l’imperméabilisation des sols. Une telle règlementation s’impose d’urgence à Uccle au vu des événements extrêmement graves que nous avons encore en mémoire. Ne pas la prendre serait révélateur d’un manque de responsabilité de nos édiles .

Ce plan aux mesures contraignantes ne devrait être qu’un des trois volets d’un plan global dont les autres aspects sont les mesures incitatives et la gestion des crises.

Pour impliquer le citoyen à la prise en charge de son impact sur son environnement, il faudra établir des mesures incitatives, voire contraignantes afin que tous les propriétaires qui en ont la possibilité (présence de jardins, cours et terrasses) ré-infiltrent leurs eaux de pluies sur place. Cette ré-infiltration doit être couplée à une citerne mixte qui retient les surplus d’eaux pluviales et les restitue progressivement. Ces mesures doivent aussi s’adresser aux propriétaires qui pour des raisons techniques ne peuvent procéder de la sorte en leur permettant de se regrouper pour réaliser de petits bassins de rétention communautaires (bassins d’orages ou autre solution en surface). Les zones de parkings réalisées sans permis doivent être soit reconverties en jardins, soit équipées de sorte qu’elles recueillent et infiltrent tout le ruissellement causé par leur imperméabilisation.

Afin d’offrir un minimum de sécurité aux habitants victimes des inondations, la Commune devrait établir et mettre en place un plan de gestion des événements orageux extrêmes, comme nous l’avons décrit ci-dessus. Ce plan comporterait à la fois des mesures préventives et aussi des mesures d’urgence afin d’aider efficacement les victimes.

Afin de pouvoir permettre l’épanchement du trop-plein des pluies dans les zones naturelles, la Commune devrait rendre les réseaux séparatifs obligatoires dans les vallées où coule déjà un ruisseau. C’est la condition préalable à la réalisation des infrastructures permettant la rétention de pluies en surface, dans les zones vertes par exemple. Des structures urbaines en cuvette (places en contrebas des voiries, par exemple) ne peuvent fonctionner avec les eaux des égouts et ne peuvent être raccordées qu’aux ruisseaux et réseaux de ruissellement des eaux claires !

Selon nous, la réalisation de grands bassins d’orage ne résoudra que partiellement le problème des inondations. C’est à la fois extrêmement coûteux pour la collectivité, le creusement de tunnel par fonçage entrainant des dépenses pharaoniques, ce qui risque d’hypothéquer tout autre investissement dans des mesures alternatives. Une politique de "cache misère" ne résolvant pas le problème à la source des ruissellements, ne responsabilisera pas les Ucclois qui ne sont pas personnellement impliqués ; elle ne modifiera pas leur comportement ni la perception qu’ils ont de l’eau dans la ville. La multiplication des citernes individuelles est une alternative crédible aux très grands bassins d’orages.

Pour toutes ces raisons, le devoir citoyen de l’Association de Comités de Quartier Ucclois était de montrer les différents aspects des problèmes liés aux inondations afin que la politique communale puisse être orientée au bénéfice de toute la communauté uccloise et particulièrement des habitants de nos belles vallées.

Mais à côté de ces recommandations que les autorités politiques pourraient prendre en compte, nous souhaitons rappeler à chaque citoyen que son action quotidienne interfère avec la politique de gestion des eaux. Nous invitons les éco-citoyens à s’investir tant humainement que financièrement dans une démarche de gestion des eaux pluviales, de surface ou usées.

Chacun peut agir à son niveau : le contrôle des ruissellements à la source commence à l’échelle de son jardin. Chacun peut récupérer l’eau pluviale pour l’arrosage, favoriser l’infiltration des eaux de pluie sur sa parcelle et concourir à une meilleure gestion des eaux, pour le plus grand bien de la collectivité.