2011 : LES MARRONNIERS SE PORTENT MIEUX !

Ci-dessus : Vue de l’Avenue Albert vers la place Vanderkindere. 30 septembre 2011

Étrangement de nombreux marronniers (de type Aesculus hippocastanum ) sont restés tard en feuille en ces mois d’automne 2011. Ce constat vaut pour toute la Belgique. Le printemps fut pourtant chaud et sec ce qui, d’après diverses études, semble être favorable au développement de la terrible « Mineuse du marronnier » (le Cameraria ohridella) un microscopique papillon apparu dans les années 1999-2000 et dont la chenille dévore les feuilles du marronnier de l’intérieur contribuant ainsi fortement à l’affaiblissement des arbres.

Les autres années, les marronniers présentaient un aspect roussi dès le mois de juillet et la plupart des individus se dégarnissaient complètement au mois d’aout.

Le marronnier aurait-il donc , en dix ans de temps, adapté ou renforcé son système immunitaire ? Nous avons interrogé à ce propos Monsieur Bruno Campanella chercheur aux Facultés Universitaires de Gembloux (unité de toxicologie environnementale). Selon Monsieur Campanella, 2011 constitue indéniablement une année charnière. Cependant une adaptation subite des capacités d’autodéfense du marronnier n’est pas réaliste. Pour connaitre l’origine du constat actuel vieux vaut donc se tourner vers l’insecte ravageur.

Une des hypothèse consiste à penser que la population apparue ce printemps fut plus réduite que les années de forte épidémie. Peut-être l’importante couche neigeuse que nous avons connu au cours de l’hiver 2010-2011 fut-il un facteur propice à cette décroissance ? Espérons que les conditions hivernales cette année soient similaires pour éventuellement faire avancer ce postulat.

Une autre possibilité, et ce serait là une bonne nouvelle, pourrait être d’ordre prédatrice. Suite à une décennie d’installation, le Cameraria, finalement assujetti au biotope local, se verrait être attaqué à son tour par un supra-prédateur. Pour combattre l’épidémie, il avait été conseillé dans un premier temps, il ya quelques années, de bruler les feuilles mortes des marronniers afin de limiter le plus possible le développement de la Mineuse. Très vite cet interventionnisme avait été abandonné vu la démesure de l’investissement nécessaire (imaginez le travail pour la seule avenue de Tervuren !). Selon Monsieur Campanella, cet abandon fut une bonne chose puisque la conservation d’une « masse critique » d’individus du Cameraria a probablement été un facteur favorable à l’apparition de l’éventuel nouveau prédateur. Encore reste-t-il à déterminer quel est ce supposé prédateur.

Enguerrand DAVID

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30 septembre 2011